Le climat politique s’alourdit à Dakar, où le Premier ministre Ousmane Sonko a jeté un pavé dans la mare en évoquant l’éventualité d’un retrait du Pastef du gouvernement. À peine deux ans après une accession au pouvoir qui avait suscité d’immenses espoirs, la cohabitation entre le chef du gouvernement et le président Bassirou Diomaye Faye semble se fissurer sur fond de tensions liées à la succession de 2029.
Le leader du Pastef a prévenu : tout écart par rapport à la vision commune qui a scellé leur alliance pourrait conduire à un divorce politique, une déclaration qui fragilise l’image d’unité jusqu’ici affichée par l’exécutif sénégalais.Cette menace de crise institutionnelle intervient à un moment critique pour l’économie nationale, alors que le Sénégal négocie sous haute tension avec le Fonds monétaire international (FMI). La révélation d’une « dette cachée » vertigineuse de plus de 11 milliards de dollars a refroidi les partenaires financiers, laissant planer une ombre sur la crédibilité de la gestion des deniers publics. Pour le duo à la tête de l’État, le défi n’est plus seulement de maintenir l’ordre au sein de la coalition majoritaire, mais de convaincre les bailleurs de fonds de la solidité de leur programme de redressement budgétaire dans un contexte de divergences internes de plus en plus visibles.Face à ces vents contraires, le pays retient son souffle devant ce qui pourrait devenir un tournant majeur du mandat Faye.
L’opposition, de son côté, scrute avec attention ces signes de désunion, y voyant la preuve des difficultés structurelles du régime à passer de la rhétorique militante à l’exercice coordonné du pouvoir. Si le Premier ministre se dit prêt à la rupture pour préserver ses principes, c’est toute la stabilité du « modèle sénégalais » de transition pacifique qui est mise à l’épreuve. Dans les semaines à venir, la capacité des deux hommes à dépasser leurs ambitions personnelles pour stabiliser les finances publiques sera le véritable juge de paix de la pérennité de leur alliance.


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