Le climat est resté lourd cette semaine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), après l’annonce des conclusions de l’enquête sur le décès d’Alpha Yoro Tounkara. Lors d’une conférence de presse très attendue, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, a formellement démenti les accusations de torture et de violences policières portées par certains collectifs d’étudiants. S’appuyant sur des rapports médicaux et des témoignages de colocataires, le magistrat a affirmé que l’étudiant en deuxième année de médecine a succombé à une chute accidentelle du quatrième étage d’un pavillon, alors qu’un incendie s’était déclaré dans le bâtiment.
Cette version officielle vient contredire le récit des syndicats estudiantins, qui maintiennent que le jeune homme aurait été victime d’exactions de la part des forces de l’ordre. Le 9 février dernier, le campus de l’UCAD avait été le théâtre d’affrontements musclés entre policiers et étudiants, ces derniers manifestant contre une réforme du système de paiement des bourses. Si le ministre de l’Intérieur avait lui-même reconnu l’existence de certaines « bavures » lors de ces interventions, le parquet souligne qu’aucun contact physique direct n’a pu être établi entre la victime et les agents de sécurité au moment du drame.Au-delà de la controverse judiciaire, cet événement tragique souligne la précarité et la tension croissante au sein des institutions universitaires sénégalaises.
Face à la colère qui gronde sur le campus, les autorités tentent d’apaiser les esprits en multipliant les gages de transparence. Pour de nombreux observateurs, la résolution de cette crise passera non seulement par la clarté des conclusions judiciaires, mais aussi par une réforme structurelle du dialogue entre le monde académique et les forces de sécurité pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.


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