Face à la dégradation persistante de la desserte en eau et en électricité, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a dressé un diagnostic alarmant de la situation financière et technique de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Les chiffres révélés lors de son intervention sur Gabon 24 dessinent le portrait d’une entreprise structurellement exsangue. Avec un taux de recouvrement de seulement 40 %, la société nationale peine à transformer son service en liquidités, se retrouvant incapable de générer des recettes propres suffisantes pour couvrir ses charges d’exploitation courantes.
L’ampleur de la crise se mesure également à l’abandon chronique du patrimoine technique. Le ministre a révélé que l’ensemble des équipements exploités au cours des cinq dernières années a bénéficié d’un taux de maintenance inférieur à 10 %. Plus grave encore, Philippe Tonangoye a pointé du doigt des défaillances de gouvernance majeures, affirmant que les fonds initialement fléchés vers le renouvellement des infrastructures et des équipements n’ont jamais atteint leur destination. Cette gestion court-termiste a plongé la SEEG dans une spirale de sous-investissement dont les usagers paient aujourd’hui le prix fort.
Pour colmater les brèches et maintenir un semblant de service public, l’entreprise a dû s’en remettre massivement à l’endettement extérieur. Le ministre a détaillé le recours à deux leviers financiers d’urgence : un emprunt de 40 milliards de FCFA théoriquement dédié aux investissements, ainsi qu’une ligne de découvert de 20 milliards de FCFA pour pallier le manque de trésorerie immédiat. Entre créances impayées et vétusté galopante, le sauvetage du navire SEEG s’annonce désormais comme l’un des chantiers économiques les plus périlleux pour l’exécutif gabonais.


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