Au-delà des défaillances financières, c’est un véritable système de prédation que Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, a mis en lumière. Le recensement des fraudes révèle l’ampleur du manque à gagner : pas moins de 2 887 comptes en branchement direct ont été identifiés à travers le pays. Ce phénomène de captation illégale de ressources ne se limite pas à des initiatives isolées mais touche des pans entiers de l’infrastructure urbaine, incluant trois ou quatre cités à Libreville, des établissements scolaires, et même certaines casernes militaires.
Face à cette hémorragie, le gouvernement annonce une réponse ferme sur l’ensemble du territoire national pour rétablir une équité de traitement entre les usagers.Cette stratégie de reprise en main technique s’accompagne d’un remaniement structurel sans précédent : la scission de la SEEG. Prévue pour être actée dès le mois de janvier 2027, cette réforme vise à séparer les activités de l’entreprise pour en optimiser la gestion et la rentabilité. Pour mener à bien ce chantier herculéen, l’exécutif s’est imposé un calendrier serré. Le ministère dispose désormais de 50 semaines pour réaliser un plan de route comprenant 56 actions stratégiques. Ce compte à rebours est perçu comme la dernière chance de réformer un modèle énergétique à bout de souffle avant une refonte totale du paysage de l’eau et de l’électricité au Gabon.L’objectif final de cette transformation radicale est de sortir la SEEG de sa dépendance aux expédients financiers pour lui redonner une viabilité opérationnelle.
En s’attaquant simultanément à la fraude institutionnalisée et à l’architecture même de la société, le gouvernement tente de restaurer la confiance des bailleurs et des abonnés. La réussite de ce plan, qui doit s’achever d’ici un an, déterminera si le Gabon peut enfin garantir un accès stable et transparent aux services de base, loin des zones d’ombre qui ont caractérisé la gestion de la dernière décennie.


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