Le chiffre donne le vertige, mais il traduit une réalité implacable sur le terrain de l’urgence humanitaire au Gabon. Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, le Samu Social Gabonais a réalisé une performance économique et sanitaire sans précédent, estimée à plus de 38,7 milliards de francs CFA. Ce montant ne représente pas une dépense budgétaire classique, mais bien la valeur des soins gratuits prodigués à près de 400 000 compatriotes. En transformant des ressources limitées en un impact sanitaire majeur, la structure dirigée par le Dr Wenceslas Yaba s’impose désormais comme le filet de sécurité indispensable pour les populations les plus vulnérables du pays, palliant les carences d’un système hospitalier conventionnel souvent hors de portée pour les bourses les plus modestes.
Loin de se reposer sur ses acquis, l’institution a musclé son dispositif territorial avec l’ouverture de quatre nouvelles antennes stratégiques au cours de l’année écoulée. Cette expansion, qui porte le réseau à travers les neuf provinces, répond à une stratégie de « médecine de proximité » revendiquée par ses dirigeants : aller vers le patient plutôt que de l’attendre. De l’inauguration du centre des « PK » à Libreville jusqu’aux localités les plus reculées de l’hinterland, le Samu Social a su adapter ses services — allant de la chirurgie de la cataracte aux soins palliatifs à domicile — pour répondre aux spécificités de chaque bassin de vie. Cette décentralisation accrue permet de réduire drastiquement les inégalités territoriales face à l’accès aux soins de premier recours.Toutefois, ce modèle de « gratuité totale », bien que plébiscité par les populations, ne va pas sans soulever des défis structurels de pérennisation.
Pour 2026, le Dr Yaba a d’ores et déjà annoncé un vaste plan de réaménagement des ressources humaines et une optimisation des stocks de médicaments pour garantir la réactivité des équipes. Alors que l’institution commence à attirer les regards au-delà des frontières nationales — comme en témoigne la participation récente de son coordonnateur à des sommets internationaux sur l’innovation médicale — l’enjeu reste de taille : maintenir ce niveau d’efficacité opérationnelle tout en consolidant les financements publics et les partenariats internationaux qui portent ce projet social unique en Afrique centrale.


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