Le secteur de l’éducation nationale gabonaise s’enfonce dans une zone de fortes turbulences, malgré les appels répétés du gouvernement à la reprise des cours. À Port-Gentil, la capitale économique, le prestigieux collège et lycée Mgr André Raponda Walker est devenu l’épicentre d’un dialogue de sourds entre les autorités et les enseignants. Ce lundi 9 février 2026, un procès-verbal de réunion entre l’administration de l’établissement et l’Association des parents d’élèves a acté un constat d’échec cinglant : sur un effectif de 80 enseignants, moins d’une vingtaine de vacataires assurent encore le service.

Face à cette carence, les parents, inquiets de voir leurs enfants errer sans surveillance dans les quartiers environnants, ont pris une décision radicale.La situation frise l’asphyxie pédagogique pour les quelque 2 065 apprenants du lycée. Le mouvement de résistance porté par le collectif « SOS Éducation à la Base » semble avoir eu raison de la volonté de reprise affichée par le ministère de tutelle il y a trois semaines. Lors d’un vote à main levée chargé d’émotion, les parents d’élèves ont décidé de garder leurs enfants à la maison dès ce mardi 10 février 2026, et ce, jusqu’à la levée effective du mouvement de grève. Cette mesure d’urgence, bien qu’actée par le proviseur Nfono Okemvele, souligne l’incapacité des forces supplétives (les vacataires) à couvrir la charge de travail d’un établissement de cette envergure.

Cette crise à Port-Gentil illustre le fossé persistant entre les annonces gouvernementales et la réalité du terrain scolaire. Alors que Libreville tente de projeter une image de normalisation, le blocage au Lycée Raponda Walker révèle une fracture profonde où la sécurité des élèves est désormais invoquée comme un motif de déscolarisation temporaire. Pour les observateurs, ce bras de fer dépasse le cadre local : il interroge la capacité de l’État à honorer ses engagements envers le corps enseignant pour éviter une année blanche qui ne dit pas encore son nom.


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