Le contraste est saisissant dans le secteur éducatif de l’Ogooué-Maritime. Alors que les autorités multiplient les annonces sur la modernisation des infrastructures, le Lycée Thuriaf Bantsantsa, établissement emblématique de Port-Gentil, vient de basculer dans une paralysie quasi totale. Par le biais d’une note d’information officielle datée du 16 février 2026, la direction a annoncé la suspension brutale des cours pour une immense majorité de ses effectifs. Cette décision, qui frappe les niveaux allant de la 6ème à la 4ème ainsi que les classes de seconde et de première, plonge des milliers de familles port-gentillaises dans un désarroi profond.
Une « réorganisation » aux allures de fracture scolaire:
Officiellement motivée par des impératifs de « réorganisation pédagogique », cette mise à l’écart forcée d’une grande partie de la jeunesse lycéenne interroge sur la gestion réelle des capacités d’accueil. Seules les classes d’examen — classes de troisième et de terminale — sont autorisées à franchir les grilles de l’établissement, et ce, uniquement sur une plage horaire réduite de 7h30 à 11h30. Pour les autres, l’accès aux salles de classe est strictement interdit « jusqu’à nouvel ordre », laissant craindre un décrochage scolaire massif pour ceux qui ne sont pas en fin de cycle.
Le défi de la continuité pédagogique en province:
Cette situation au Lycée Thuriaf Bantsantsa met en lumière les limites des investissements structurels lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’une logistique humaine et administrative fluide. Malgré les chantiers de construction de salles de classe et les promesses de gratuité, la réalité de Port-Gentil rappelle que le droit à l’éducation reste précaire hors de la capitale. Pour les parents d’élèves, le sentiment d’une école à deux vitesses s’accentue : d’un côté, des réformes budgétaires ambitieuses à Libreville, et de l’autre, des lycées de province contraints de fermer leurs portes faute de pouvoir organiser sereinement la scolarité de tous leurs enfants.


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