Le sillage du développement économique gabonais s’enrichit d’une nouvelle dynamique : celle du retour aux sources productif. Dans le cadre d’une mission de supervision menée du 6 au 9 avril 2026, Augustin Février, directeur de la représentation de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) au Cameroun, s’est rendu à Okolassi, dans la commune de Ntoum. Accompagné des experts du Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE), il a pu toucher du doigt la réalité d’un projet qui incarne désormais l’efficacité des dispositifs de réinsertion destinés aux compatriotes de retour de France.Sur ce site verdoyant, le projet de Franck Nguema, ingénieur agronome de formation, force l’admiration.

Depuis deux ans, ce jeune entrepreneur transforme un hectare de terre en une bananeraie prospère de 3 000 pieds. Ce choix du « retour à la terre » n’est pas seulement symbolique, il est stratégique. En s’appuyant sur les spécificités biologiques du bananier plantain, capable de s’auto-régénérer par ses propres rejets, l’exploitant a su créer un cycle de production pérenne, minimisant les coûts de réinvestissement tout en maximisant l’occupation spatiale de sa parcelle.Au-delà de l’aspect technique, c’est la viabilité économique du projet qui frappe les esprits. Conscient que la banane figure parmi les cultures les plus consommées à l’échelle mondiale et nationale, Franck Nguema a bâti un modèle d’affaires résilient. Sa stratégie de vente directe aux particuliers lui permet de capter une valeur ajoutée maximale en court-circuitant les intermédiaires traditionnels. Cette approche agile de la chaîne de valeur assure non seulement une rentabilité immédiate, mais offre également la flexibilité nécessaire pour écouler les surplus vers les grossistes lors des pics de production.La réussite de cette exploitation est aussi le fruit d’une synergie institutionnelle exemplaire.
Si l’expertise technique de l’agronome était acquise, le soutien du PNPE a été le catalyseur indispensable pour transformer un savoir-faire en une entreprise structurée. À travers des modules de formation en gestion financière et un suivi de proximité, l’incubateur a permis à l’entrepreneur de franchir le cap de la simple production pour maîtriser les rouages de l’administration et de la pérennité économique, prouvant que l’accompagnement est la clé de voûte de toute insertion réussie.L’impact social de cette initiative dépasse les limites de la plantation d’Okolassi. En recrutant ponctuellement une main-d’œuvre locale, l’exploitation de Franck Nguema participe activement à la lutte contre le chômage des jeunes dans la périphérie de Ntoum. Ce rôle de créateur d’emplois, couplé à des ambitions d’extension déjà affirmées, positionne l’entrepreneur comme un acteur du changement, capable d’inspirer toute une génération de diplômés vers les secteurs porteurs de la souveraineté alimentaire nationale.

Enfin, les chiffres globaux du programme témoignent de l’ampleur du mouvement : avec 195 Gabonais accueillis et orientés, dont 160 ayant déjà lancé des activités génératrices de revenus, le dispositif s’impose comme un levier de croissance concret. Sous l’impulsion d’une vision axée sur la restauration des capacités nationales, ce partenariat entre l’OFII et le PNPE démontre que le retour volontaire, lorsqu’il est adossé à une formation solide et un suivi rigoureux, constitue une réponse durable aux défis de l’emploi. Le succès d’Okolassi n’est plus une exception, mais le visage d’un Gabon qui se construit avec tous ses fils.


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