Face à l’administration le 8 janvier 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema a posé les jalons d’une refonte profonde de la protection sociale. En érigeant la solidarité nationale en « pilier fondamental », le président gabonais prévient toutefois que la générosité de l’État ne pourra se faire sans une discipline de fer et une lutte frontale contre la corruption.À Libreville, le discours de Nouvel An n’était pas qu’une simple formalité protocolaire. En affirmant que « la solidarité nationale reste un pilier fondamental de la Cinquième République », Brice Clotaire Oligui Nguema a tracé une ligne directrice claire : le renforcement de l’État protecteur. Mais derrière l’ambition sociale se cache un avertissement ferme sur la responsabilité individuelle et collective.
Un big-bang de la protection sociale ?
Le chef de l’État a annoncé un chantier d’envergure visant à assainir et à élargir la couverture sociale du pays. Cette stratégie repose sur deux leviers techniques majeurs : -L’audit des fichiers : Une vérification rigoureuse des listes de la CNAMGS et de la CNSS est désormais jugée « plus que nécessaire » pour éliminer les scories du passé. -L’inclusion des travailleurs indépendants : Le président souhaite rendre effectif le « fond 4 » de la CNAMGS pour les indépendants et élargir l’assiette des contributions de la CNSS aux travailleurs mobiles.Cette volonté d’extension de la protection sociale aux secteurs informels et mobiles marque un tournant, visant à sécuriser une frange de la population jusqu’ici laissée pour compte.
« Pas de droits sans devoirs »:
Toutefois, pour le locataire du Palais de la Rénovation, cet effort de l’État ne saurait être unilatéral. Dans une rhétorique empreinte de rigueur militaire, il a rappelé qu’une « contrepartie » est exigée des travailleurs.Le président a pointé du doigt un mal endémique : l’absentéisme. « Nul ne peut exiger davantage de l’État sans être prêt à accomplir le minimum requis, à commencer par la présence effective à son poste de travail », a-t-il martelé. Pour illustrer son exigence d’engagement et de dévouement, il a cité en exemple son propre passage au ministère de la Fonction publique.
La corruption, l’autre « gangrène »:
Le dernier volet de cette offensive présidentielle concerne l’intégrité publique. Oligui Nguema a qualifié la corruption de mal qui « gangrène notre société » et a fait de son éradication une « préoccupation urgente ».L’approche se veut désormais plus coercitive. Pour le chef de l’État, la lutte contre les détournements et les malversations ne doit plus se limiter à des déclarations d’intention, mais se matérialiser par « l’effectivité des sanctions contre leurs auteurs ».
En liant ainsi la pérennité de la solidarité nationale à la rigueur administrative et à la probité, Brice Clotaire Oligui Nguema tente de définir un nouveau contrat social pour le Gabon : un État plus présent, mais des citoyens — et surtout des fonctionnaires — plus redevables.


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