L’offensive commerciale de la Société nationale des hydrocarbures du Gabon (Gab’Oil) franchit une nouvelle étape symbolique. En inaugurant sa onzième station-service à Okondja, dans la province du Haut-Ogooué, l’opérateur public confirme sa volonté de densifier son réseau national. Cette installation ne serait pas qu’une simple extension logistique ; elle viserait à désenclaver l’accès aux produits pétroliers dans l’arrière-pays, là où les majors internationales hésitent parfois à s’implanter.
Pour les populations locales, cette ouverture rimerait avec une stabilisation des prix à la pompe et une sécurisation de l’approvisionnement en gaz domestique, loin des circuits informels coûteux.Depuis l’accession au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, Gab’Oil semble avoir insufflé un coup d’accélérateur à sa stratégie de croissance. Ce déploiement à Okondja s’inscrit dans une « nouvelle dynamique » impulsée par le sommet de l’État, transformant l’entreprise publique en un bras armé de la souveraineté énergétique. Le passage à onze stations-service sur l’ensemble du territoire national est ainsi perçu comme le marqueur d’une gestion plus proactive, visant à redonner à l’outil public une place prépondérante face à une concurrence privée traditionnellement dominante.Toutefois, cette montée en puissance de Gab’Oil pose la question de la pérennité de son modèle économique. Si l’inauguration d’Okondja est saluée comme une victoire politique, le véritable défi résiderait dans la maintenance des infrastructures et la qualité du service client sur la durée.
L’enjeu pour la direction de Gab’Oil est désormais de prouver que cette expansion fulgurante n’est pas qu’un effet d’annonce, mais le prélude à une restructuration profonde du secteur de la distribution. La crédibilité de cette « nouvelle ère » énergétique dépendra de la capacité de l’opérateur à transformer ces investissements physiques en résultats financiers solides pour les caisses de l’État.


Commentaires