Si le Nigeria a validé avec brio son ticket pour le tour suivant en étrillant le Mozambique (4-0), la sortie de piste de Victor Osimhen, en plein divorce visuel avec Ademola Lookman, vient ternir la fête. Entre frustration personnelle et gestion de groupe, le sélectionneur Eric Chelle fait face à son premier grand test d’autorité.Le score est sans appel, la qualification est en poche, et pourtant, ce n’est pas le triplé de passes décisives d’Ademola Lookman qui alimente les discussions dans les travées du stade ce soir.
C’est une image, captée à la 63e minute, qui tourne en boucle : Victor Osimhen, le visage fermé, tance vertement son compère d’attaque avant de quitter la pelouse cinq minutes plus tard, sans un regard pour son banc.
Un crime de lèse-majesté ?​
Sur le papier, tout allait bien. Avec deux buts au compteur avant l’heure de jeu, Osimhen (en instance de départ ou fraîchement transféré selon le mercato) avait fait le job. Mais le football de haut niveau a ses raisons que la raison ignore. La frustration est née d’un ballon « oublié » par Lookman, alors que ce dernier, étincelant, semblait porter le jeu nigérian à lui seul.​« C’est un match d’équipe, passe la balle ! », a tonné le Ballon d’Or africain 2023.
Une injonction qui sonne comme un rappel à l’ordre, ou peut-être comme l’aveu d’une nervosité croissante face à l’ascension fulgurante de l’attaquant de l’Atalanta Bergame au sein de la hiérarchie des Super Eagles.Malgré l’interposition du capitaine Wilfred Ndidi, la mèche était déjà consumée. En décidant de sortir sa star quelques minutes après l’incident, Eric Chelle a sans doute voulu protéger le collectif, mais il a surtout provoqué l’ire du « Super Eagle » en chef. Le refus d’Osimhen de célébrer la qualification avec le reste du groupe, préférant l’isolement des vestiaires, pose une question centrale pour la suite de la compétition : le Nigeria peut-il gagner si ses deux meilleures armes ne se parlent plus ?
Notre analyse :​
Le Nigeria dispose d’un arsenal offensif terrifiant, sans doute le plus complet du continent. Mais l’histoire de la sélection nigériane est parsemée de crises d’ego ayant fait dérailler des générations dorées. Si la rivalité saine entre attaquants est un moteur, celle qui s’est affichée face au Mozambique ressemble dangereusement à une lutte de territoire.​Pour Eric Chelle, la lune de miel se termine. Il va désormais devoir user de diplomatie — et de fermeté — pour réconcilier ses deux stars. Car si marquer des buts fait gagner des matches, c’est la cohésion du vestiaire qui fera, ou non, du Nigeria le champion d’Afrique au soir de la finale.


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