Face à l’horreur, Abuja tente de reprendre la main. Le président Bola Ahmed Tinubu a ordonné le déploiement immédiat de l’armée dans l’État de Kwara, situé dans le centre-ouest du pays. Cette décision fait suite à l’assaut d’une violence inouïe mené mardi contre le village de Woro, où le bilan humain est d’ores et déjà effroyable : au moins 162 morts ont été recensés par la Croix-Rouge nigériane, faisant de cet acte l’un des plus meurtriers de ces derniers mois.Le mode opératoire et l’ampleur du carnage pointent, selon les autorités fédérales, vers la piste jihadiste.
Bien que l’État de Kwara ne soit pas un bastion historique des insurgés, l’ombre de Boko Haram plane sur cette attaque. Sur place, le paysage est celui d’une désolation absolue : les assaillants ont réduit en cendres des habitations, des commerces et ont même incendié le palais royal du village, provoquant un exode massif des populations civiles terrifiées.Cette incursion sanglante vient rappeler la fragilité sécuritaire du géant nigérian, où le gouvernement peine à juguler une menace polymorphe. Entre l’insurrection jihadiste au Nord-Est, le banditisme armé et les enlèvements contre rançon qui gangrènent le reste du territoire, l’administration Tinubu se retrouve sous une pression constante.
La police continue d’explorer les décombres à la recherche de nouvelles victimes, alors que l’armée multiplie les opérations de ratissage pour tenter de localiser les groupes responsables.Pour le chef de l’État, ce nouveau drame met à l’épreuve les récentes mesures de renforcement sécuritaire annoncées par son cabinet. Alors que l’armée affirme poursuivre ses offensives sur plusieurs fronts, la tragédie de Woro souligne l’urgence d’une stratégie de défense plus agile, capable d’anticiper le déplacement des foyers de violence vers des zones jusqu’ici épargnées. Au-delà du deuil national, c’est toute l’architecture sécuritaire de la première économie du continent qui est à nouveau remise en question.


Commentaires