L’ogre de Lagos n’en finit plus de redessiner la carte énergétique du continent. Lundi 16 février, le groupe Dangote a scellé un partenariat de haut vol avec le géant chinois de l’équipement lourd XCMG, injectant 400 millions de dollars pour doper les capacités de la méga-raffinerie de Lekki. Cette offensive technologique et financière vise un objectif titanesque : porter la production de 650 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici trois ans.
En s’alliant au constructeur de l’empire du Milieu, Aliko Dangote ne se contente pas de renforcer son outil industriel ; il pose les jalons d’un complexe qui ambitionne de détrôner l’indien Jamnagar pour devenir la première infrastructure de raffinage au monde.Au-delà de la prouesse technique, ce déploiement de force répond à un impératif de souveraineté pour la première économie du continent. En misant sur une intégration verticale incluant la pétrochimie, l’urée et le transport, l’homme le plus riche d’Afrique entend briser la dépendance quasi-ombilicale du Nigeria vis-à-vis des importations de carburants. Le complexe de Lekki ne doit plus seulement servir le marché domestique, mais s’imposer comme le hub énergétique incontournable de l’Afrique de l’Ouest, capable de générer les précieuses devises étrangères qui font cruellement défaut aux réserves de la Banque centrale nigériane.Pour soutenir cette montée en puissance, le groupe Dangote peaufine une ingénierie financière hybride.
Si les fonds propres restent le socle du projet, l’hypothèse d’une introduction en bourse (IPO) à hauteur de 5 % à 10 % sur le Nigerian Exchange (NGX) gagne en substance. Cette ouverture du capital, attendue avec fébrilité par les milieux d’affaires, permettrait de consolider l’assise financière du groupe tout en offrant aux investisseurs locaux une part du gâteau pétrolier. Pour le magnat nigérian, l’enjeu est désormais de transformer cet essai industriel en un succès boursier capable de rassurer les marchés sur la viabilité à long terme de son empire.


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