Le Palais de la Présidence à Niamey vient d’envoyer un signal sans équivoque aux opérateurs miniers opérant sur son sol. Lors du Conseil des ministres du mardi 3 mars 2026, le chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, a acté la résiliation brutale des conventions d’établissement liant l’État nigérien à trois sociétés majeures d’affinage d’or : COMINI SARL, AFRIOR SA et ECOMINE SA. Cette décision radicale marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de transition de reprendre le contrôle effectif des ressources naturelles du pays et de mettre fin à ce qu’elles perçoivent comme une exploitation défaillante de la rente aurifère.
L’exécutif nigérien justifie cette rupture par une accumulation de manquements contractuels jugés inacceptables. Selon le communiqué officiel, ces entreprises, qui bénéficiaient d’accords stratégiques pour l’exploitation d’unités d’affinage à Niamey, auraient failli à leurs obligations élémentaires depuis 2023. Le grief est lourd : non-respect des clauses de développement local, priorité à l’emploi national bafouée, et surtout, une opacité préoccupante dans la transmission des rapports techniques et financiers au ministère des Mines. Pour Niamey, il ne s’agit plus seulement d’une question de gestion, mais de souveraineté économique.La procédure, bien que radicale, se veut juridiquement cadrée. Le gouvernement affirme avoir multiplié les mises en demeure en février et juillet 2025, laissant aux sociétés le temps de régulariser leur situation.
Si ECOMINE SA a tenté d’apporter une réponse — jugée toutefois partielle par les autorités —, les cas de COMINI SARL et AFRIOR SA sont présentés comme des manquements plus critiques, aggravés par le non-respect flagrant du Code minier en vigueur. En résiliant ces conventions, l’État nigérien se réapproprie des pans entiers de la chaîne de valeur de l’or, ouvrant la voie à une potentielle nationalisation ou à de nouveaux partenariats jugés plus « équitables ».Cette offensive contre les affineurs s’inscrit dans une politique plus large de révision des contrats miniers hérités de l’ordre ancien. En durcissant le ton face aux entreprises privées, le général Tiani cherche à rassurer une opinion publique avide de retombées concrètes sur le quotidien des Nigériens. Reste désormais à savoir si Niamey dispose des capacités techniques et financières pour faire tourner ces unités d’affinage de manière autonome, ou si cette rupture annonce l’arrivée prochaine de nouveaux alliés géopolitiques dans le sous-sol sahélien.


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