Le cinéma gabonais vient de perdre l’un de ses visages les plus familiers et l’un de ses artisans les plus prolifiques. La nouvelle, tombée comme un couperet ce vendredi depuis la France, a été confirmée par ses proches : Van Mabadi s’est éteint. Né à Mouila, celui qui avait fait de la caméra son pinceau laisse derrière lui un vide immense dans une industrie culturelle africaine en pleine mutation. Acteur charismatique, réalisateur visionnaire et scénariste inspiré, il avait su capturer l’essence des récits sentimentaux et fantastiques, portant haut les couleurs du Gabon sur les écrans du continent, de Libreville à Ouagadougou.
Révélé au grand public par des œuvres marquantes telles que Le pacte de l’amour ou Vacances à plein-ciel, Van Mabadi n’était pas seulement un homme d’image, mais un conteur du quotidien. Qu’il incarne le rôle mémorable de Bradock dans Shanice ou qu’il explore les profondeurs mystiques de Mami Wata, le mystère d’Iveza, il imposait une présence singulière, mêlant justesse et passion. Son talent avait d’ailleurs franchi les frontières nationales, notamment avec son court-métrage Le poids du silence, primé dans les festivals internationaux, et sa collaboration remarquée à la version gabonaise de la série culte Parents mode d’emploi. Sa contribution à l’émission Ciném’Afrique +1 témoignait également de son engagement pour la promotion du 7ème art panafricain.Au-delà de sa filmographie impressionnante, on retiendra de Van Mabadi l’image d’un travailleur acharné qui a su naviguer entre les genres avec une aisance rare.
De la comédie de mœurs au drame social, il a documenté les espoirs et les fêlures de sa société. Sa disparition en terre étrangère ajoute une note de tragédie à ce départ prématuré, mais son héritage cinématographique reste, lui, bien vivant. Alors que le rideau tombe pour ce fils de la Ngounié, le Gabon pleure une figure emblématique qui aura, jusqu’au bout, cru au pouvoir des histoires pour panser les maux du monde. Repose en paix, l’artiste.


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