Le sous-sol gabonais, riche d’un potentiel encore largement sous-exploité, est aujourd’hui le théâtre d’une confrontation feutrée mais violente entre les réformateurs et les tenants de « l’ancien monde ». Malgré les directives du président Brice Clotaire Oligui Nguema, une sourde résistance s’est installée au cœur même de l’administration des Mines. Rétention d’informations stratégiques, dossiers « égarés » et opacité persistante dans l’attribution des permis de recherche constituent le quotidien d’un système parallèle qui semble faire de la résistance face aux velléités de transparence.
Cette minorité d’agents, bien introduits dans les rouages du ministère, continue de transformer le patrimoine minier national en une rente privée, au mépris des exigences de développement du pays.Le modus operandi dénoncé en interne révèle une mécanique de spéculation bien huilée : des permis sont attribués de manière discrétionnaire à des sociétés écrans, souvent dépourvues de toute expertise technique, mais créées opportunément pour verrouiller des gisements à forte rentabilité. Ces sites, une fois « gelés » par des intermédiaires proches de l’administration, font l’objet de transactions occultes loin des radars du Trésor public. Ce système de passe-droits, qui fait fi des normes environnementales les plus élémentaires, prive non seulement l’État de revenus cruciaux, mais décourage également les investisseurs internationaux sérieux, échaudés par une insécurité juridique savamment entretenue.Pourtant, le ton avait été donné dès octobre 2025 avec l’annonce d’un audit global du secteur et la mise en place d’une surveillance satellitaire pour traquer l’exploitation illégale.
L’arrivée, le 1er janvier 2026, de Sosthène Nguema Nguema à la tête du département des Mines est perçue par beaucoup comme la « dernière chance » d’une reprise en main. Fort de ses états de service au ministère du Pétrole et du Gaz, où il s’est forgé une réputation d’inflexibilité face à la corruption, le nouveau ministre porte sur ses épaules les espoirs d’une rupture systémique. Mais pour réussir, il devra mener un « nettoyage » interne sans complaisance, capable de démanteler les réseaux de complicités qui survivent à chaque remaniement.L’heure n’est plus aux simples injonctions, mais à la démonstration de force institutionnelle. La crédibilité de la réforme minière repose désormais sur des actes radicaux : digitalisation intégrale du cadastre minier pour supprimer l’arbitraire humain, publication systématique des contrats et sanctions pénales exemplaires contre les agents véreux.
Dans un pays où le peuple attend des retombées concrètes de ses richesses naturelles, l’opacité n’est plus une option. Le secteur minier doit cesser d’être le domaine réservé d’une minorité pour devenir le véritable moteur de la diversification économique nationale. La mission de Sosthène Nguema Nguema est claire : restaurer l’autorité de l’État sur chaque gramme d’or et chaque tonne de manganèse extraits du sol gabonais.


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