Le décret lu ce 12 février sur les antennes de l’ORTM ne laisse place à aucune ambiguïté : Bamako consolide son noyau dur. Ce remaniement ministériel, bien que conservant un format de 28 membres, marque une étape symbolique forte avec l’élévation au rang de ministres d’État des trois figures de proue du dispositif sécuritaire et financier : les Généraux Sadio Camara (Défense) et Ismaël Wagué (Réconciliation), ainsi qu’Alousséni Sanou (Économie).
En sanctuarisant ces portefeuilles régaliens, les autorités maliennes réaffirment une hiérarchie claire, plaçant la survie de l’État et la souveraineté économique au sommet des priorités d’un gouvernement qui refuse de céder sur ses fondamentaux.L’autre mouvement stratégique de cette recomposition concerne la Primature. Le Premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, est déchargé du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, désormais confié au Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly. Cet ajustement permet au chef du gouvernement de se concentrer pleinement sur la coordination de l’action ministérielle dans un climat régional tendu. Ce transfert de compétences vers un nouvel officier général renforce par ailleurs l’emprise des technocrates en uniforme sur la gestion des territoires, un enjeu crucial dans un Mali en quête de rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble de ses régions.
Si l’on note l’entrée de deux nouveaux profils, ce remaniement se caractérise surtout par une volonté de stabilité opérationnelle. Le maintien d’Abdoulaye Diop aux Affaires étrangères et de Moussa Alassane Diallo à l’Industrie et au Commerce signale une volonté de continuité dans la politique de rupture diplomatique et de relance économique. En équilibrant les responsabilités sans bouleverser l’ossature existante, Bamako se dote d’un exécutif qui semble taillé pour la durée. L’objectif est limpide : projeter une image de cohésion interne et de solidité institutionnelle face aux pressions extérieures et aux défis sécuritaires persistants.


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