À Bamako, le régulateur a décidé de siffler la fin de la récréation pour le géant au pingouin bleu. La Direction Générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) a officiellement enjoint à la société Wave SA de cesser ses pratiques de « vente à perte » sur ses services de mobile money. Cette décision, qui intervient après une enquête minutieuse menée entre avril 2025 et janvier 2026, fait suite à une levée de boucliers des opérateurs concurrents, dénonçant une stratégie commerciale jugée agressive et déloyale.
Au cœur du litige : le refus de la fintech de répercuter sur ses clients le prélèvement obligatoire de 1 % instauré en février 2025 pour le financement d’infrastructures sociales.Si Wave a tenté de parer sa stratégie d’atours philanthropiques, affirmant vouloir préserver le pouvoir d’achat des Maliens en absorbant elle-même ce coût, l’argument n’a pas convaincu l’autorité administrative. Pour la DGCC, cette « générosité » masque une pratique anticoncurrentielle flagrante. En choisissant de ne pas appliquer la taxe là où ses rivaux y sont contraints, Wave aurait provoqué un déséquilibre majeur sur le marché, captant un flux massif de clients au détriment de l’équité sectorielle. Le régulateur estime que cette politique tarifaire est de nature à désorganiser durablement le segment de la distribution des services financiers mobiles au Mali.
Par cette injonction de cessation immédiate, le régulateur malien rappelle que le secteur stratégique de la finance mobile ne saurait s’affranchir du cadre réglementaire commun au nom du marketing. Cette décision réaffirme le principe du libre jeu de la concurrence, où les stratégies commerciales, aussi innovantes soient-elles, ne doivent pas compromettre la stabilité du système. Pour Wave, c’est un défi de taille : la société doit désormais réajuster ses tarifs sous peine de sanctions, prouvant ainsi que même dans l’économie numérique, la loi de l’État reste supérieure à celle de l’algorithme.


Commentaires