La capitale gabonaise est-elle le théâtre d’une révolution managériale ou d’une crise de gouvernance ? Depuis quelques jours, la gestion de Pierre Mathieu Obame Etoughe, édile de Libreville, est passée au crible par une partie de la presse en ligne, notamment Dépêche 241. Les griefs sont nombreux : absence de cabinet formel, silence du conseil municipal et soupçons d’ingérence du Secrétaire général de la Présidence de la République (SGPR). Pourtant, pour les soutiens du maire, cette lecture occulte une réalité plus pragmatique.
L’ancien administrateur, loin du tumulte politique traditionnel, aurait opté pour une « gestion par objectifs de performance » sur cent jours, privilégiant l’assainissement budgétaire et technique à l’apparat des nominations politiques.C’est sur le terrain de l’influence que les critiques se font les plus acerbes, pointant du doigt une proximité matrimoniale supposée entre le maire et le SGPR qui aurait favorisé son ascension. Une thèse balayée par les analyste qui rappellent que la désignation de l’édile relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’État et, surtout, d’un besoin de renouvellement des profils techniques après des années de gestion clientéliste. Dans un pays où la chute d’une figure publique suscite souvent plus d’enthousiasme que son succès, ces attaques sont perçues par certains comme une entreprise de déstabilisation visant à saper l’œuvre de redressement entamée par le SGPR depuis le début du régime.
Au-delà de la polémique, c’est le procès d’une méthode qui se joue à l’Hôtel de Ville. Entre la nécessité de transformer une institution municipale sclérosée et les attentes d’une population fatiguée par les « vieux visages », Pierre Mathieu Obame Etoughe tente d’imposer un rythme administratif rigoureux, loin des émotions et des articles commandés. La question demeure : la technocratie pourra-t-elle durablement s’imposer face aux réflexes de la petite politique librevilloise ? Pour l’heure, le maire semble tenir son cap, pariant sur ses résultats de terrain pour éteindre les bruits de couloir et prouver que la compétence prime sur les liens de parenté.


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