Le pavillon d’honneur de l’aéroport international de Djerba-Zarzis a servi, ce début février 2026, de décor à une séquence diplomatique aussi brève que significative. En escale technique en Tunisie, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a été accueilli avec les égards dus à son rang par le Gouverneur de Médenine, Walid Tabboubi, sous le regard attentif de l’ambassadeur Pierre Ntsiet Ngolo. Si l’arrêt était officiellement motivé par des impératifs logistiques, il a rapidement pris les atours d’une visite d’amitié. Pour Libreville, chaque passage sur le sol tunisien est une occasion de huiler les rouages d’une relation bilatérale historique, rappelant que la Tunisie demeure un partenaire de premier plan dans l’architecture diplomatique gabonaise en Afrique du Nord.
Au-delà des poignées de main chaleureuses, cette escale technique a permis de réaffirmer la « volonté commune » de passer à la vitesse supérieure en matière de coopération. Les liens entre les deux nations, traditionnellement ancrés dans les secteurs de la santé et de l’éducation, cherchent aujourd’hui un nouveau souffle dans l’économie réelle. Pour le président gabonais, la Tunisie représente un modèle d’expertise dans les services et l’ingénierie, des domaines cruciaux pour accompagner la modernisation de l’administration et des infrastructures au Gabon. Ce dialogue de proximité, même furtif, témoigne d’une diplomatie gabonaise « en mouvement », capable de transformer une simple escale en un levier de renforcement des partenariats sud-sud.L’enjeu de cette rencontre réside également dans la diversification des échanges. Alors que le Gabon multiplie les offensives de charme vers le Golfe, il n’en oublie pas pour autant ses alliés de longue date au Maghreb. Les discussions à Djerba ont ainsi effleuré les perspectives de coopération dans la formation professionnelle et les nouvelles technologies, deux secteurs où la Tunisie dispose d’un avantage comparatif notable.
En consolidant cet axe, Libreville s’assure un soutien technique précieux pour ses grands chantiers de 2026, tout en offrant aux opérateurs économiques tunisiens une porte d’entrée privilégiée vers le marché d’Afrique centrale, en pleine mutation structurelle.L’escale de Djerba-Zarzis illustre la nouvelle doctrine de « présence continue » du Gabon sur la scène internationale. Chaque interaction, même technique, est mise au profit d’une vision de souveraineté et de prospérité partagée. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le temps de l’action ne souffre aucun répit, et la Tunisie apparaît plus que jamais comme une escale stratégique sur la route de l’émergence. Si les deux pays parviennent à concrétiser les intentions exprimées lors de ce bref échange, l’axe Libreville-Tunis pourrait bien connaître un printemps diplomatique durable, marqué par des résultats concrets pour les populations des deux rives.


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