Dans les dédales du 6e arrondissement de Libreville, le vrombissement des engins de chantier est devenu la nouvelle bande-son du quotidien. Au quartier Ondogo, les travaux d’aménagement des voies secondaires marquent une étape symbolique dans la stratégie de reconquête urbaine impulsée par la présidence. Longtemps délaissées au profit des grands axes de parade, ces artères de quartier bénéficient désormais d’une cure de jouvence qui vise à désenclaver les zones résidentielles denses. Pour l’exécutif, l’enjeu est clair : transformer la perception de l’action publique en la rendant visible au pas de la porte de chaque citoyen.
Au-delà du simple confort de roulement, c’est une véritable mutation sécuritaire qui s’opère dans ce bastion populaire. L’installation systématique de l’éclairage public le long des nouvelles voies traitées change radicalement la physionomie nocturne d’Ondogo. En repoussant les zones d’ombre, les autorités entendent lutter contre l’insécurité résiduelle et favoriser une vie de quartier plus sereine après le crépuscule. Cette approche intégrée, mêlant génie civil et sûreté urbaine, redonne aux habitants un sentiment d’appartenance à une capitale qui ne se limite plus à ses seuls quartiers huppés.Sur le plan économique, ce désenclavement est perçu comme un puissant vecteur de développement local. En fluidifiant la circulation, ces travaux facilitent l’accès aux services de base — ambulances, livraisons, transports collectifs — et boostent la valeur immobilière ainsi que le petit commerce de proximité. Pour les stratèges du palais du Bord de mer, investir dans les voiries secondaires d’Ondogo est une réponse concrète aux attentes sociales, une manière de démontrer que la « vision du bâtisseur » s’incarne dans la résolution des difficultés logistiques les plus immédiates des Librevillois.
Toutefois, le défi de la durabilité reste le juge de paix de cette ambition infrastructurelle. Dans une ville soumise aux aléas de l’érosion et des pluies diluviennes, la qualité des ouvrages de drainage accompagnant ces bitumages sera déterminante. Pour que l’élan actuel ne soit pas qu’un feu de paille, Libreville devra pérenniser ces acquis par un entretien rigoureux. À Ondogo, l’heure est à l’optimisme : le quartier se prépare à une nouvelle ère, celle d’une intégration réussie dans le tissu d’une métropole moderne et mieux connectée.


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