La gestion des corps non identifiés place une nouvelle fois les infrastructures funéraires de Libreville sous une pression insoutenable. Par un communiqué officiel, la société CASEP-GA a révélé la présence dans ses chambres froides de plusieurs dépouilles mortelles, conservées pour certaines depuis janvier 2025. Malgré plus d’un an de conservation, ces corps n’ont fait l’objet d’aucune réclamation, illustrant une problématique sociale et administrative majeure : celle des disparitions non signalées ou de la précarité extrême qui empêche certaines familles de prendre en charge leurs défunts.
L’opérateur funéraire d’Oloumi, situé face à la DGDI, en appelle désormais à la responsabilité collective pour redonner une identité et une dignité à ces oubliés.L’ultimatum est désormais fixé au 30 avril 2026. Passé ce délai, le Parquet de Libreville autorisera l’inhumation de ces corps sous le statut d’indigent. Cette procédure juridique, bien que nécessaire pour désengorger les installations de CASEP-GA, souligne les limites du système actuel. Pour les observateurs, cette situation récurrente met en lumière l’insuffisance des capacités de stockage public et le manque de coordination entre les services hospitaliers, les services d’identification judiciaire et les pompes funèbres. L’inhumation à titre d’indigent reste l’ultime recours d’une administration confrontée à l’anonymat de la mort.Au-delà de l’aspect technique, ce dossier repose la question de la modernisation des infrastructures mortuaires au Gabon.
Face à la saturation des structures privées et publiques, des voix s’élèvent pour réclamer la création d’une grande maison de pompes funèbres nationale, dotée de moyens technologiques de pointe pour l’identification (tests ADN, bases de données centralisées). Pour Libreville, l’enjeu n’est pas seulement logistique ; il s’agit de garantir, conformément aux valeurs de respect des ancêtres ancrées dans la société gabonaise, que chaque citoyen puisse bénéficier d’une sépulture digne, mettant ainsi fin au cycle des sépultures anonymes dans les carrés d’indigents.
Moore, Journaliste stagiaire


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