Le répit aura été de courte durée pour les habitants de Kinguélé, du Marché Assélé et de Belle-Vue 2. À peine une semaine après les inondations dévastatrices qui ont plongé le 3ème arrondissement de Libreville sous les eaux, la frustration des administrés a laissé place à une fronde ouverte contre les autorités municipales. Si le Génie militaire a été déployé, sous l’impulsion de la présidence, pour curer en urgence les bassins versants, l’action de l’État se heurte à un obstacle de taille : la prolifération de garages anarchiques.
Installés de façon sauvage aux abords des collecteurs d’eau, ces ateliers à ciel ouvert obstruent les voies d’évacuation, transformant chaque averse en une menace vitale pour des milliers de foyers.L’inertie de la Mairie du 3ème arrondissement est aujourd’hui au cœur de toutes les suspicions. Pour les collectifs de résidents, le contraste est saisissant entre l’activisme des militaires sur le front des infrastructures et le « laisser-faire » administratif face aux occupants illégaux. En refusant de procéder aux déguerpissements nécessaires, l’édilité est accusée de saboter les efforts de sécurisation foncière engagés par le pouvoir central. Les riverains s’interrogent ouvertement : quels intérêts protège ce mutisme municipal ? Cette paralysie, perçue comme un laxisme coupable, nourrit un sentiment d’abandon au sein d’une population qui refuse désormais de voir ses maisons sacrifiées sur l’autel de la complaisance administrative.Au-delà de l’urgence hydraulique, cette crise met en lumière les défaillances de la police urbaine dans une capitale en quête de normalisation.
L’occupation des servitudes de passage par des épaves et des ateliers mécaniques n’est pas qu’un problème esthétique, c’est un enjeu de sécurité publique et de santé environnementale. Les habitants, désormais organisés, exigent une réponse coordonnée entre le ministère de l’Intérieur et les services municipaux pour rétablir l’ordre. En appelant à une collaboration directe, ils lancent un ultimatum : sans une action concrète pour libérer les bassins versants, la promesse d’un « environnement sain et sécurisé » restera une chimère, et la colère des quartiers populaires pourrait devenir le prochain défi politique majeur de la municipalité.


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