L’atmosphère est devenue électrique au Haut de Gué-Gué, mais pas de la manière espérée par ses résidents. Ce 12 février 2026, l’exaspération a laissé place à quasiment une fronde ouverte contre la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Entre des coupures d’électricité qui s’éternisent depuis plus de quatre jours et une pénurie d’eau potable qui, pour certains foyers, dure depuis quatre ans, les populations se disent « vent debout » contre ce qu’elles qualifient de négligence caractérisée. Sur le terrain, les pertes matérielles s’accumulent : appareils électroménagers grillés et stocks de nourriture avariés ont fini d’embraser le mécontentement social dans ce quartier de la capitale.
Face à cette levée de boucliers, l’entreprise parapublique a tenté d’éteindre l’incendie médiatique par un communiqué de crise. La SEEG a ainsi localisé l’origine du sinistre : un défaut technique complexe sur un câble souterrain de haute tension (HTA). Si le diagnostic est posé, l’intervention de précision nécessaire pour réparer ce tronçon souterrain impose un délai qui pèse lourdement sur les ménages et les commerces locaux. Les équipes de dépannage, dépêchées avec le matériel requis, s’attèlent désormais à isoler le défaut pour un retour à la normale qu’elles promettent « dans les plus brefs délais ».
Malgré les « sincères regrets » exprimés par le fournisseur d’énergie et ses recommandations de sécurité — demandant notamment de débrancher les appareils sensibles pour éviter de nouveaux dommages lors de la remise sous tension — la pilule passe mal. Cette crise remet en lumière la fragilité de l’architecture réseau de Libreville et l’urgence d’une maintenance préventive plus efficace. Pour les habitants du Haut de Gué-Gué, au-delà de la réparation immédiate, c’est la fin d’un sentiment d’abandon qui est exigée, dans un contexte où la patience des usagers semble avoir atteint son point de rupture.


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