À Nairobi, le ciel s’assombrit de nouveau sur les pistes de la « vallée de la course ». L’Agence kényane de lutte contre le dopage (Adak) a frappé un grand coup ce lundi 2 mars en annonçant la suspension provisoire de 27 athlètes pour violations des règles antidopage. Parmi les noms qui font trembler les instances sportives figure celui de la marathonienne Rita Jeptoo. À 45 ans, l’ancienne reine de Boston et de Chicago, déjà bannie quatre ans en 2014, replonge après un test révélant l’usage de stéroïdes anabolisants. Si la date de son audition disciplinaire reste à fixer, ce nouveau scandale ternit un peu plus l’image de cette icône déchue, symbole des dérives d’un système sous haute surveillance internationale.
L’onde de choc ne se limite pas aux courses de fond. Le sprint national est lui aussi touché avec la suspension de Wiseman Were, champion du 400 m haies et figure montante de l’athlétisme kényan. Le médaillé de bronze des Jeux du Commonwealth paie le prix d’un défaut de localisation récurrent, ayant manqué trois contrôles inopinés depuis août 2025. Cette « faute administrative », lourde de conséquences, le prive de compétition depuis la mi-février. Plus inquiétant encore pour les autorités kényanes, le fléau semble métastaser au-delà des pistes : des footballeurs et des basketteurs figurent également sur la liste noire de l’Adak, signe que la culture de la performance interdite s’insinue dans les sports collectifs.
Depuis 2017, le Kenya détient un record dont il se serait bien passé avec plus de 140 athlètes suspendus par l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU). Les récentes sanctions contre des stars de premier plan comme Ruth Chepngetich et Benard Kibet Koech confirment que les mailles du filet se resserrent. Si le gouvernement kényan multiplie les promesses de « tolérance zéro » pour éviter une suspension globale du pays par World Athletics, la répétition de ces cas interroge sur l’efficacité des structures d’encadrement. Entre fierté nationale et intégrité sportive, le Kenya livre aujourd’hui sa course la plus difficile : celle pour sa crédibilité sur la scène mondiale.


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