Le Palais de justice d’Abidjan-Plateau a été le théâtre, ce jeudi 15 janvier 2026, d’un événement qui fera date dans les annales judiciaires du pays. Parmi les 29 nouveaux avocats ayant prêté le serment de Robe, un nom a capté toute l’attention : Gondo Sahi Mardochée. À seulement 22 ans, ce jeune juriste devient le plus jeune avocat de l’histoire de Côte d’Ivoire. Dans un milieu où l’expérience se mesure souvent à la couleur des cheveux, l’ascension de ce natif de l’Ouest ivoirien bouscule les codes et impose le respect d’une corporation pourtant réputée pour son conservatisme.
Le parcours de Mardochée est celui d’un surdoué qui a brûlé toutes les étapes avec une discipline de fer. Bachelier à 14 ans au Lycée moderne 2 de Daloa, il a ensuite tracé son sillon dans les amphithéâtres de l’Université internationale bilingue africaine (UIBA) puis des Facultés universitaires privées d’Abidjan (FUPA). Loin de se contenter de sa précocité, il a méthodiquement gravi les échelons de l’excellence académique, finissant major de sa promotion au redoutable Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA). Pour le barreau ivoirien, intégrer un tel profil n’est pas seulement une curiosité statistique, c’est l’injection d’un sang neuf d’une qualité exceptionnelle.Sa précocité n’a d’égale que son éloquence. Dès 2021, le jeune homme s’était déjà illustré sur la scène continentale en remportant le prix du meilleur plaideur lors du concours « Génies en herbe » de l’OHADA. Cette capacité à dominer l’argumentation juridique et l’art de la plaidoirie face à des adversaires souvent bien plus âgés a révélé un talent brut, prêt pour les joutes des cours d’assises.
En prêtant serment, il ne valide pas seulement un diplôme, il confirme une vocation née sous le signe de l’excellence et de la rigueur, deux vertus cardinales dans le paysage juridique ivoirien en pleine mutation.L’entrée de Gondo Sahi Mardochée dans la profession porte un message politique et social fort pour la jeunesse africaine. Elle prouve que le mérite et le travail acharné restent les meilleurs ascenseurs sociaux dans une Côte d’Ivoire qui cherche à valoriser ses hauts potentiels. Alors que le barreau doit faire face aux défis de la modernisation et de la numérisation du droit, ce « bébé avocat » incarne cette génération décomplexée, capable de s’approprier les standards internationaux. Désormais membre à part entière de la famille judiciaire, Mardochée devra transformer l’essai de la précocité en une carrière de fond, sous le regard attentif de ses pairs et d’une nation qui voit en lui un nouveau symbole de réussite.


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