À Gamba, le réveil est brutal pour les deniers publics. Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux met en lumière l’état de délabrement et d’abandon de plusieurs infrastructures stratégiques, malgré des investissements colossaux consentis par l’État. Un constat dressé par le Maire Jean Ibala: des millions de francs CFA se sont volatilisés dans des projets qui, des années après leur lancement, ressemblent davantage à des ruines précoces qu’à des symboles de développement.L’exemple de la salle de fêtes est criant : plus de 200 millions de FCFA d’investissement, auxquels s’ajoutent 39 millions dédiés aux équipements, pour un bâtiment qui demeure inachevé et inutilisable.
Plus loin, le plateau sportif et sa tribune, censés offrir un cadre d’épanouissement à la jeunesse de Gamba, ne sont plus que des dalles de béton envahies par les hautes herbes. Au total, ce sont plus de 100 millions supplémentaires qui semblent avoir été engloutis dans ce complexe sportif où « les enfants n’arrivent même pas à tapoter une balle de basket ».Cette situation pose la question cruciale de la chaîne de responsabilité et du contrôle des chantiers publics en province. Comment des sommes aussi importantes ont-elles pu être décaissées sans que la livraison des ouvrages ne soit effective ? Pour les observateurs, Gamba devient le symbole d’une gestion opaque où les budgets fondent avant que la première pierre ne soit posée. « Est-ce que nous allons continuer comme ça ? », s’interroge un acteur local devant ces carcasses de bâtiments qui témoignent d’un mépris flagrant pour l’intérêt général.
Dans le cadre de la « Restauration des Institutions », ce dossier pourrait bien devenir un cas d’école pour les autorités de contrôle et de lutte contre la corruption. Alors que le pays s’engage dans une politique de rigueur budgétaire, le cas de Gamba exige un audit profond et des sanctions exemplaires. La République ne peut plus se permettre de voir ses ressources se dissiper dans des chantiers sans fin, pendant que les populations locales attendent désespérément les infrastructures promises pour leur développement.


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