Le ministre Maurice Ntossui Allogo a guidé une délégation américaine dans les plantations de Bikelé. Entre rituels ancestraux et potentiel pharmacologique, le Gabon pose les jalons d’une exploitation durable et souveraine de son patrimoine sacré.
Par la rédaction de Focus Afrique Média
Au Gabon, l’Iboga n’est plus seulement une affaire de mystique et de bois sacré ; c’est désormais un axe stratégique de la diplomatie environnementale. Maurice Ntossui Allogo, ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, a conduit une délégation de partenaires américains à Bikelé, à la périphérie de Libreville, pour une immersion inédite au cœur d’une exploitation de trois hectares dédiée à la plante de l’« éveil ».
De la tradition à la structuration:
Le site de Bikelé se présente comme un conservatoire vivant de la biodiversité gabonaise, structuré autour de variétés aux propriétés distinctes : L’Iboga Mebang : Occupant un hectare, cette espèce est le pilier des cérémonies initiatiques telles que l’Ombouiri, le Bwiti, le Bilombo ou le Dissumba.L’Iboga Mevoe : Cultivée sur un second hectare, cette variété, caractérisée par sa forte amertume, est essentiellement réservée aux veillées traditionnelles.Cette visite a permis aux délégués américains de sortir des laboratoires pour se confronter aux réalités du terrain. L’enjeu est de taille : comprendre le cycle de croissance de la plante et les défis liés à sa préservation face à la pression de la demande internationale, notamment dans le domaine de la recherche contre les addictions.
Un patrimoine sous haute surveillance:
Pour Libreville, l’ouverture de ses plantations à des partenaires internationaux répond à une double exigence : la valorisation économique et la protection des savoirs ancestraux. Le Gabon entend s’assurer que toute exploitation future de cette ressource se fera de manière équitable, en évitant le « biopiratage » qui a souvent lésé les nations du Sud par le passé. « Ce déplacement renforce la volonté du Gabon de nouer des partenariats mutuellement bénéfiques, garantissant une exploitation équitable de ce patrimoine naturel unique », indique-t-on au ministère.
En mettant en avant une production encadrée et durable, le ministre Maurice Ntossui Allogo positionne le Gabon comme le garant d’une ressource convoitée, tout en envoyant un signal fort : le développement industriel de l’Iboga ne se fera pas au détriment de sa sacralité ni des intérêts des communautés locales.


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