Face à l’érosion des revenus de l’État et à la vétusté des infrastructures, le ministre d’État mise sur une thérapie de choc : la digitalisation intégrale des services et une révision profonde des textes juridiques. Objectif : transformer le Gabon en un hub logistique performant.Au Gabon, le secteur des transports est une mine d’or qui profite trop peu au Trésor public. C’est le constat sans concession fait par Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, Ministre d’État en charge des Transports, lors de son grand oral devant les patrons des régies de transport.Pour le ministre d’État, le constat est amer : malgré par exemple l’achat de près de 500 bus ces dernières années, le service public reste défaillant et les cimetières de véhicules s’étendent.
Le « pilote » DGTT et la fin du cash:
Pour stopper l’hémorragie financière, le ministère lance une offensive technologique. La Direction générale des transports terrestres (DGTT) est en première ligne. Le projet ? Une dématérialisation complète de la chaîne de délivrance des titres de transport (permis de conduire, cartes grises).La stratégie repose sur un écosystème fermé baptisé « la boucle de contrôle ». En intégrant l’investisseur, l’ANINF (Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences) et les directions techniques dans un même réseau de données, le ministre veut rendre la fraude impossible. « À chaque fois que les informations différeront, on saura immédiatement qui a bidouillé », a-t-il prévenu. Cette transparence est la condition sine qua non pour rassurer les partenaires financiers et optimiser les ressources propres du ministère.
Dépoussiérer le droit pour libérer la logistique:
Mais la technologie ne peut rien sans un cadre légal adapté. Le ministre a pointé du doigt une aberration : l’usage de textes réglementaires datant des années 1970 et 1980. « Le monde évolue, mais nous faisons du surplace avec des textes de l’époque de Jérusalem », a-t-il ironisé.Il a donc instruit ses conseillers juridiques de travailler en synergie pour produire un nouveau corpus législatif capable de régir la marine marchande, le ferroviaire et l’aérien. Cette modernisation juridique vise à attirer de nouveaux investisseurs dans le secteur de la logistique, pilier essentiel du Plan Libreville 2026. Pour Manfoumbi Manfoumbi, la performance ne se mesure plus au nombre de dossiers empilés, mais à la fluidité du passage des marchandises et des personnes aux frontières du pays.


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