Le ton est monté d’un cran au Palais de la Rénovation. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé avec une virulence inédite que l’accès à l’eau et à l’électricité constitue la « priorité des priorités » de son agenda social. Face aux délestages récurrents et aux pénuries d’eau qui exaspèrent Libreville et l’intérieur du pays, le chef de l’État a pointé du doigt un coupable idéal : la gestion interne de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG).
Pour le président, le blocage n’est plus financier, mais humain et structurel, dénonçant un « affairisme » de cadres véreux qui saboterait les investissements massifs consentis par le Gouvernement.L’annonce la plus importante de cette politique réside dans la fin probable du modèle intégré de la SEEG. Oligui Nguema s’est dit favorable à une séparation nette des secteurs de l’eau et de l’électricité, une réforme de structure profonde visant à briser un monopole jugé désormais inefficace. En scindant ces deux entités, l’exécutif espère clarifier les responsabilités, assainir la gouvernance et faciliter l’entrée de nouveaux partenaires spécialisés. Ce modèle de spécialisation, déjà éprouvé dans plusieurs pays émergents, est présenté comme l’ultime recours pour mettre fin au calvaire des robinets secs et des foyers plongés dans l’obscurité.Derrière cette volonté de réforme se cache une mise en garde sans frais aux agents et cadres de la société historique.
Le Président a promis de s’attaquer « sans recul » aux réseaux internes qui freinent la modernisation du réseau au profit d’intérêts privés. En plaçant la SEEG comme le « maillon faible » de la chaîne de développement, le président prépare l’opinion à une purge administrative et à un audit de grande ampleur. Pour les populations, cette posture de fermeté sonne comme un espoir de voir enfin les promesses de « l’essor vers la félicité » couler dans les tuyaux et briller dans les ampoules de chaque foyer gabonais.


Commentaires