Le front social gabonais s’embrase à nouveau, cette fois au cÅ“ur des structures de soins. La plateforme Urgence Santé est officiellement montée au créneau ce samedi 28 février, dressant un constat accablant lors d’un point de presse très suivi à Libreville. Face à une dégradation jugée « alarmante » des services publics de santé, le collectif a tiré la sonnette d’alarme, fustigeant une inertie administrative qui mettrait en péril la vie des patients. Du manque criant de consommables médicaux de base à la pénurie chronique de médicaments essentiels, les porte-parole du mouvement décrivent un quotidien où l’impuissance des soignants frise désormais le danger sanitaire.
Au centre des revendications, le Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) cristallise les tensions. Urgence Santé y dénonce des conditions de travail « intenables » et un plateau technique obsolète, aggravés par un déficit humain structurel. Le collectif exige une réponse immédiate de l’État sur trois piliers : la régularisation des situations administratives (souvent bloquées depuis des années), l’intégration des nouveaux diplômés des écoles de santé pour renforcer les effectifs, et l’apurement des rappels de salaires. Pour ces professionnels, la dignité du patient passe irrémédiablement par la sécurisation de la carrière du soignant, dans un secteur où l’engagement personnel ne suffit plus à combler les failles du système.Alors que le spectre d’une grève générale plane sur les hôpitaux, le mouvement assure privilégier une « mobilisation responsable » pour ne pas pénaliser davantage les populations vulnérables.
Toutefois, l’ultimatum est clair : sans un plan d’urgence sanitaire national assorti de mesures budgétaires concrètes, le dialogue pourrait céder la place à une paralysie totale des services. Pour les autorités de la Transition, ce nouveau foyer de contestation, qui survient juste après le dénouement fragile de la crise dans l’éducation, représente un test de crédibilité majeur. À Libreville comme à l’intérieur du pays, l’opinion attend désormais de savoir si le « sursaut patriotique » promis par l’exécutif se traduira par des actes concrets au chevet des malades.


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