Reconduit à la tête du prestigieux ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi n’a pas eu le loisir de savourer sa confirmation. Pour ce poids lourd du gouvernement, le retour aux affaires se fait dans une atmosphère de crise. À peine les décrets signés, le ministre d’État se retrouve « au pied du mur », confronté à une fronde sociale simultanée au sein de deux entités stratégiques : l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF) et la Direction générale de la Météorologie.
Un double front social:
C’est un scénario que tout membre du gouvernement redoute : la grève générale illimitée. Pour Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, la difficulté est double, puisque le mouvement paralyse deux secteurs aux missions diamétralement opposées mais tout aussi vitales.D’un côté, les agents de l’ARTF, tour de contrôle du rail gabonais, réclament des garanties sur leur statut et leurs émoluments. De l’autre, la Météorologie nationale, maillon essentiel de la sécurité aéroportuaire et maritime, voit ses effectifs croiser les bras. Ce télescopage de revendications place le ministre d’État dans une position délicate, où la gestion de l’urgence prime désormais sur les dossiers de fond.
Le régulateur et la boussole à l’arrêt:
La paralysie de ces deux structures fait peser une hypothèque sur la fluidité de l’économie gabonaise.Le Transgabonais en otage : Sans une régulation ferroviaire fonctionnelle via l’ARTF, c’est toute la chaîne logistique du manganèse et du bois qui risque de s’enrayer.Sécurité en suspens : Le débrayage à la Météorologie prive les opérateurs de transports — aériens comme maritimes — de données critiques, dans un pays où la logistique est le moteur de la croissance.Pour le ministre d’État, l’enjeu est désormais de prouver que sa reconduction n’était pas seulement un acte de confiance politique, mais le choix d’un homme capable de dénouer les crises les plus complexes.L’épreuve de la logistique sociale:Connu pour son dynamisme et sa connaissance des dossiers techniques, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi doit maintenant activer ses leviers de négociateur.
Au-delà des questions de Marine marchande ou de Logistique pure, c’est sa capacité à pratiquer une « logistique sociale » — c’est-à-dire à acheminer des solutions concrètes vers des partenaires sociaux à bout de patience — qui sera scrutée par le palais du Bord de Mer.Le ministre d’État saura-t-il désamorcer cette double bombe sociale avant qu’elle ne vienne gripper durablement la machine des transports ? À Libreville, on attend désormais de voir si le « patron » des transports parviendra à ramener le calme sur les rails et de la visibilité dans le ciel gabonais.


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