Ancien capitaine des Panthères et figure respectée du football continental, Ulrich Kessany s’est imposé comme le profil idéal pour sortir le sport gabonais de sa léthargie. C’est en tout cas ce à quoi aspire le Chef de l’État qui a nommé son Conseiller spécial au poste de Ministre des Sports. Entre expertise de terrain et vision managériale, l’heure du « Central » a sonné ?Au Gabon, le sport ne se conjugue plus seulement sur les pelouses synthétiques de Libreville ou de Franceville.
Il se joue désormais du côté des bureaux du ministère des sports là où se dessine l’avenir d’une jeunesse en quête de modèles. Dans ce jeu de chaises musicales où la compétence est devenue le nouveau maître-mot, un nom a été positionné : Ulrich Kessany.À 40 ans passés, celui que les supporters surnommaient affectueusement « Le Central » n’a rien perdu de sa superbe. Mais c’est aujourd’hui son costume de dirigeant qui du Sport National qui retient l’attention. Contrairement à beaucoup d’anciens sportifs de haut niveau peinant à négocier le virage de l’après-carrière, Kessany a méthodiquement construit sa crédibilité.
Passé par la Direction technique nationale et impliqué dans diverses instances de la CAF, il incarne cette « troisième voie » : celle qui allie la légitimité du vestiaire à la rigueur de l’administration.« Ulrich n’est pas qu’un nom sur une feuille de match. C’est quelqu’un qui comprend les rouages complexes du financement du sport et de la formation des jeunes. Il a bataillé pour être notamment président de la Fegafoot », confie un proche sous anonymat.Si Kessany est nommé pour jouer un rôle de premier plan, la tâche qui l’attend est herculéenne.
Le sport gabonais, au-delà de la vitrine que constitue l’équipe nationale de football, souffre de maux profonds : infrastructures en déshérence; Absence de relève et de formation; des championnats nationaux à l’arrêt ; une focalisation excessive sur le football au détriment de l’athlétisme, du taekwondo ou du basketball, disciplines pourtant pourvoyeuses de médailles.
Redonner de la voix à l’expertise:
Le profil de Kessany rassure car il est perçu comme un « technicien de la chose ». Pour beaucoup d’observateurs à Libreville, le Gabon a trop longtemps confié son sport à des politiques en quête de visibilité plutôt qu’à des experts en quête de résultats.L’enjeu est désormais de transformer l’essai. Pour redonner ses lettres de noblesse au sport gabonais, Ulrich Kessany devra non seulement assumer son statut de leader, mais aussi naviguer dans les eaux parfois troubles de la politique nationale. Saura-t-il imposer sa rigueur là où tant d’autres ont échoué ? La question n’est plus de savoir s’il en a les capacités, mais de le juger au pied du mur tel un Mâcon.


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