Le climat social au Gabon, déjà alourdi par l’incarcération des leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, vient de s’enflammer sur un nouveau front : celui de la gestion de la solde de l’État. Une vidéo virale de Pierre Mintsa, figure syndicale de proue, affirme que le traitement des salaires des agents publics serait désormais aux mains d’une entreprise marocaine. Cette allégation, touchant au nerf de la guerre et à la souveraineté nationale, a provoqué une réaction immédiate et vigoureuse de l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF).
Le 22 janvier 2026, l’agence a publié un démenti formel, qualifiant ces propos d’infondés et d’irresponsables dans un contexte où la moindre étincelle peut embraser la fonction publique.L’ANINF martèle que la solde est traitée via le Fichier Unique de Référence (FUR), une application souveraine administrée exclusivement par l’administration gabonaise depuis plus de vingt ans. Conçu par la Direction Générale des Services Informatiques (DGSI) et exploité par des équipes nationales dûment habilitées, le FUR est présenté comme un sanctuaire technologique hautement sécurisé. L’agence précise que l’exploitation du système repose sur des protocoles stricts : accès nominatifs, séparation des rôles entre exploitation et contrôle, et traçabilité totale des opérations. En réaffirmant que la gestion des salaires relève de compétences strictement nationales, l’État tente de couper court aux théories d’une influence étrangère sur ses finances publiques.
Au-delà de la mise au point technique, cette controverse souligne la fragilité du dialogue social actuel. C’est dans ce contexte de méfiance généralisée que l’Honorable Député Alexandre Awassi a choisi d’intervenir, appelant à la libération de Libama et Edzo au nom de la « sagesse » et de la « dignité ». Pour l’élu, la force réside non pas dans la répression ou le démenti technique, mais dans la capacité à ramener les protagonistes autour d’une table. « Le plus fort, c’est celui qui sait faire asseoir tous les protagonistes autour d’une table, autant de fois que nécessaire », a-t-il déclaré, voyant dans l’apaisement judiciaire le seul remède aux tensions qui paralysent le secteur éducatif et menacent la paix sociale.La situation actuelle place le gouvernement gabonais face à un double défi : restaurer la confiance dans ses institutions numériques tout en désamorçant la crise syndicale.
L’ANINF a rappelé que la diffusion de fausses informations sur un service public essentiel peut exposer l’État à des risques de sécurité majeurs. Toutefois, comme le suggère Alexandre Awassi, la sécurité nationale ne se joue pas seulement dans les serveurs informatiques du FUR, mais aussi dans la qualité du lien social. « Privilégions en toute circonstance le DIALOGUE », exhorte le député, car sans une compréhension mutuelle entre l’administration et les corps sociaux, la souveraineté, qu’elle soit numérique ou politique, restera une notion contestée.


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