Face aux critiques persistantes sur d’éventuels conflits d’intérêts au sein de l’exécutif, le président de la République a tranché. En remplaçant Henri-Claude Oyima par Thierry Minko, le Palais du Bord de Mer affiche sa volonté de rassurer les partenaires internationaux et l’opinion nationale.Le signal se voulait fort, il est désormais acté. Dans un contexte où chaque nomination est scrutée à la loupe par les bailleurs de fonds et la société civile, le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé à un ajustement stratégique de son dispositif gouvernemental.
Le départ d’Henri-Claude Oyima, figure tutélaire du patronat et du secteur bancaire (BGFI), marque un tournant dans la gestion de l’image publique du pouvoir.Depuis sa nomination, la double casquette d’Henri-Claude Oyima — à la fois ministre de l’Économie et acteur majeur du secteur bancaire — alimentait les débats à Libreville. Pour beaucoup d’observateurs, cette proximité entre la régulation étatique et les intérêts privés du groupe BGFI faisait peser un risque sur la crédibilité de l’action publique.En portant Thierry Minko à la tête de ce portefeuille stratégique, le président gabonais choisit une figure perçue comme plus neutre. Ce mouvement répond à une exigence de « bonne gouvernance » et de « transparence », des mots d’ordre martelés par le palais depuis plusieurs mois. Il s’agit avant tout de lever toute ambiguïté sur la gestion des deniers publics et de restaurer une confiance parfois érodée par les soupçons de clientélisme.Thierry Minko n’arrive pas en terrain inconnu. Sa mission est claire : accélérer les réformes structurelles nécessaires à la relance de l’économie gabonaise tout en garantissant une éthique de gestion irréprochable.
Sa nomination est perçue comme un gage de sérieux envoyé aux institutions de Bretton Woods — la Banque mondiale et le FMI — dont le soutien reste crucial pour le financement du Plan National de Développement (PND).Ce remaniement technique souligne également la méthode Oligui Nguema : une capacité à écouter les remontées de terrain et à corriger le tir lorsque la pression devient trop forte. « Le Président a fait le choix d’être à l’écoute des préoccupations nationales », souligne-t-on dans l’entourage de la présidence.En privilégiant l’intérêt général au-dessus de toute considération particulière, le pouvoir gabonais espère ainsi stabiliser son socle de légitimité. Reste à savoir si ce changement de visage s’accompagnera d’un changement de paradigme profond dans la conduite des affaires économiques du pays.


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