Après trois semaines de bras de fer qui ont paralysé l’Agence de Régulation des Transports Ferroviaires (ARTEF), le sifflet de la fin de match a enfin retenti. Les agents, qui observaient un mouvement de grève rigoureux pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail, ont annoncé la suspension de leur débrayage. Ce dénouement, accueilli avec soulagement par les acteurs de la filière logistique, marque la fin d’une séquence de tensions qui menaçait la fluidité du transport ferroviaire sur l’axe stratégique Transgabonais.
Le dialogue, bien que laborieux, a fini par porter ses fruits entre la direction générale et les partenaires sociaux. Selon des sources proches du dossier, les négociations ont permis d’aboutir à des compromis sur plusieurs points critiques, notamment le paiement de certains arriérés et la révision des primes de rendement. Cette levée du mot d’ordre témoigne d’une volonté partagée de ne pas fragiliser davantage un outil de régulation essentiel à l’économie nationale, alors que le trafic minier et de marchandises exige une surveillance accrue.Pourtant, cette reprise du travail ne sonne pas comme un chèque en blanc pour la tutelle. Le syndicat a été on ne peut plus clair : il s’agit d’une suspension « de bonne volonté » pour permettre l’exécution des engagements pris lors des discussions supervisées par le ministère des Transports.
L’ombre d’une reprise du mouvement plane toujours si les échéances de paiement et les réformes structurelles promises venaient à accuser un retard injustifié, plaçant les autorités sous une surveillance constante des représentants des salariés.Au-delà de la crise sociale, cet épisode remet en lumière les défis structurels auxquels font face les agences de régulation au Gabon. Dans un contexte où la performance du rail est un levier majeur de la croissance hors-pétrole, la stabilité du climat social à l’ARTEF apparaît désormais comme une priorité absolue. Pour Libreville, l’enjeu est désormais de transformer cet accord de sortie de crise en une paix sociale durable, capable de garantir l’efficacité d’un secteur ferroviaire en pleine mutation.


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