Le ministère des Sports gabonais a décidé de siffler la fin de la récréation. Dans une volonté de remise à plat du secteur, les autorités de tutelle veulent instaurer un nouveau paradigme : désormais, toutes les disciplines sportives seront traitées sur un pied d’égalité, brisant ainsi l’hégémonie historique du football. Toutefois, cette équité affichée est assortie d’une condition non négociable : le respect strict des procédures administratives en vigueur. Pour le gouvernement, l’objectif est de professionnaliser un écosystème associatif longtemps marqué par l’informel, en conditionnant l’appui de l’État à une régularité juridique irréprochable.
Le diagnostic posé lors des récentes consultations est sans appel et révèle l’ampleur du chantier institutionnel. Sur les 21 fédérations reçues par l’administration des Sports, seules deux sont en règle. Les 19 autres ne détiennent aucun agrément technique valide délivré par le ministère, les plaçant de fait dans une situation d’illégalité opérationnelle. Ce défaut de reconnaissance officielle fragilise non seulement la crédibilité de ces structures, mais bloque également tout mécanisme de subvention publique, alors que le pays cherche à relancer ses performances sur la scène continentale.Le cas de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) cristallise particulièrement les tensions et les interrogations sur la longévité des instances dirigeantes.
Alors que le comité actuel est aux affaires depuis 12 ans, le ministère a tenu à clarifier ses responsabilités : cette pérennité, jugée excessive par certains observateurs, relève de la cuisine interne de la fédération et non d’une injonction politique. En renvoyant la Fegafoot à ses propres statuts et à ses électeurs, le ministère des Sports marque sa volonté de ne plus s’ingérer dans les querelles de palais, tout en exigeant que chaque instance, sans exception, se mette enfin en conformité avec la loi.


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