Plusieurs mois après le signalement d’actes de malveillance répétés sur le réseau de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), le constat est alarmant : les sites stratégiques de distribution demeurent vulnérables. Entre intrusions facilitées et manque de surveillance technologique, la continuité du service public est plus que jamais menacée.Depuis le début de l’année, les incidents se multiplient sur l’ensemble du territoire national. Sectionnements de câbles haute tension, siphonnage de cuves de gasoil dans les centrales thermiques isolées, ou encore vandalisme sur les vannes de distribution d’eau potable : la liste des préjudices s’allonge.
Ces actes de sabotage, souvent qualifiés de « criminels » par la direction de la SEEG, ne se contentent pas de dégrader le matériel ; ils privent des milliers de foyers gabonais de services essentiels pendant des heures, voire des jours.Malgré les promesses de fermeté et l’annonce d’un renforcement de la sécurité, la réalité sur le terrain dépeint une situation préoccupante. Dans plusieurs quartiers de Libreville et de l’intérieur du pays, de nombreux postes de transformation et châteaux d’eau souffrent d’un manque criant de protection physique.Clôtures défaillantes : Beaucoup de sites sont entourés de grillages troués ou de simples barrières symboliques.Absence de gardiennage permanent : Seuls les sites majeurs bénéficient d’une présence humaine 24h/24.Déficit technologique : La vidéosurveillance et les systèmes d’alarme anti-intrusion sont quasi inexistants sur les points de distribution secondaires, pourtant vitaux pour le maillage du réseau.« Il est inadmissible qu’en 2025, des infrastructures aussi critiques soient aussi faciles d’accès. Un simple cadenas ne suffit plus à arrêter des individus déterminés à nuire à l’outil de production », s’indigne un technicien de la compagnie sous couvert d’anonymat.
Pour les populations, l’exaspération monte. Au-delà des désagréments quotidiens, ces sabotages ont un coût économique lourd pour l’État et la SEEG, qui doit investir des sommes colossales dans les réparations d’urgence plutôt que dans l’extension du réseau.Face à l’urgence, certains experts préconisent une implication plus accrue des forces de défense et de sécurité pour surveiller les points névralgiques du pays. Si la communication officielle de la SEEG tente de rassurer en évoquant des « audits de sécurité en cours », les résultats tardent à se matérialiser par des barrières physiques concrètes.La question reste posée : combien de sabotages faudra-t-il encore avant que la sécurisation des sites de la SEEG ne devienne une priorité de sécurité nationale ?


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