Entre nids-de-poule abyssaux et dégradations structurelles, le tronçon Bifoun-Ndjolé est devenu le symbole d’un abandon infrastructurel criant. Face à l’inefficacité des solutions de fortune, des voix s’élèvent pour exiger une reconstruction totale, financée par une transparence accrue de la Redevance de l’Usure de la Route.Ce n’est plus une route, c’est un parcours du combattant. Pour les populations locales comme pour les opérateurs économiques, emprunter la Nationale 1 entre Bifoun et Ndjolé relève désormais du défi logistique et du risque permanent.
Ce tronçon, pourtant vital pour le transit des marchandises et des personnes, sombre chaque jour un peu plus dans le délabrement.Au-delà de l’aspect économique, c’est l’image même du Gabon qui est écorchée. Point de passage obligé pour les ressortissants des pays limitrophes se rendant à Libreville, cet itinéraire offre le spectacle désolant d’un réseau routier en lambeaux. Pour beaucoup, cette situation n’est plus seulement un désagrément technique : c’est une véritable « honte nationale ».Pendant trop longtemps, la réponse des autorités s’est résumée à des opérations cosmétiques. Le bouchage précaire des nids-de-poule et le colmatage des trous béants ont montré leurs limites : à la première pluie, le bitume s’efface, laissant place à des cratères encore plus dangereux.Aujourd’hui, le constat est unanime : le temps des demi-mesures est révolu. La réhabilitation légère ne peut plus se muer en solution durable. La reconstruction complète de ce tronçon est devenue une exigence républicaine pour laver l’honneur d’un peuple qui se sent bafoué dans son droit à la mobilité et à la sécurité.Au cœur des interrogations se trouve le financement de l’entretien routier. Chaque citoyen, chaque transporteur contribue directement via la Redevance de l’Usure de la Route, une taxe prélevée sur le prix des carburants.
Gérés par le Fonds Autonome National d’Entretien Routier (FANER), ces fonds sont estimés à plusieurs dizaines de milliards de Francs CFA chaque année. Pourtant, sur le terrain, le décalage entre les sommes collectées et l’état de la chaussée est saisissant.« Les fonds sont là, nous sommes tous contribuables. Il est temps que l’exécutif fasse œuvre utile en utilisant cette manne pour l’intérêt collectif », s’insurge un usager régulier de la route.Face à l’urgence, un appel solennel est lancé au Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement. L’objectif est clair : ordonner la mise à contribution immédiate et transparente de cette redevance pour financer un chantier de reconstruction d’envergure.Mettre fin à cette humiliation quotidienne n’est plus une option, mais un impératif de souveraineté. Le rétablissement de la fluidité sur l’axe Bifoun-Ndjolé sera le test de la capacité du gouvernement à transformer les taxes citoyennes en bénéfices tangibles pour la nation.


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