Contrairement aux rumeurs de « recalage » massif relayées sur les réseaux sociaux, les boursiers du programme « We Train for Gabon » poursuivent leur cursus. Entre visas techniques et immersion linguistique, retour sur les coulisses d’une formation ultra-stratégique.Dans l’arène numérique gabonaise, l’étincelle d’une rumeur peut vite embraser l’opinion. Depuis 48 heures, des articles circulant en ligne affirment que les jeunes envoyés en Australie pour le projet minier de Belinga auraient été renvoyés au pays après un échec cuisant. Une information qui, après vérification, s’avère être un raccourci trompeur masquant une réalité administrative bien plus complexe.
Le « bain linguistique » avant le fer:
Pour comprendre le retour temporaire de certains étudiants à Libreville, il faut se pencher sur le calendrier pédagogique. Le programme, baptisé « We Train for Gabon », ne commence pas directement dans les galeries minières. La première phase, effectuée sur le sol australien, était dédiée à une immersion industrielle doublée d’un renforcement intensif en anglais technique.Le bilan de cette étape est d’ailleurs jugé très satisfaisant par les responsables du projet : 31 étudiants sur 33 ont validé avec succès le TOEFL (Test of English as a Foreign Language), sésame indispensable pour suivre des cours de haut niveau en ingénierie minière. Seuls deux candidats n’ont pas atteint le score requis, un taux de réussite qui contredit frontalement la thèse du « recalage » massif.
Le casse-tête des visas : de « Training » à « Student »
Le retour de la cohorte au Gabon n’est pas une sanction, mais une contrainte légale imposée par la stricte législation australienne sur l’immigration. Le premier visa délivré était un visa dit « Training », limité à la phase de stage et d’immersion initiale.Pour entamer la seconde phase — la formation technique lourde — la loi australienne exige la détention d’un visa « Student ». Or, l’obtention de ce dernier impose contractuellement aux bénéficiaires de finaliser la procédure depuis leur pays d’origine.Sur le terrain, la situation évolue : – 18 étudiants ont déjà regagné l’Australie après l’obtention de leur nouveau titre de séjour et sont actuellement en classe pour les métiers de la mine. -Le reste de la délégation est en attente de la délivrance de ses documents administratifs à Libreville et devrait s’envoler sous peu.
Pour les responsables du projet Belinga, les allégations d’arrêt du programme sont « inexactes ». Au-delà de la polémique, l’enjeu reste colossal : former la première élite gabonaise capable de piloter l’exploitation de l’un des plus grands gisements de fer au monde. Un défi qui, manifestement, demande autant de patience administrative que de rigueur académique.


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