L’ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba, Alain-Claude Bilie-By-Nze, semble peiner à mobiliser la diaspora gabonaise lors de son actuel périple dans l’Hexagone. Les rencontres organisées en France, censées marquer son retour au premier plan et structurer une opposition de l’extérieur, ont été marquées par une faible affluence, illustrant un déficit de représentativité persistant. Pour celui qui fut le dernier chef du gouvernement avant le coup de libération d’août 2023, ce manque d’engouement souligne la difficulté de se défaire d’une image associée aux dernières heures d’un régime déchu, dont la diaspora fut l’un des plus virulents détracteurs.
Ce désintérêt manifeste des Gabonais de France pose la question de la crédibilité politique des anciennes figures de l’appareil PDG (Parti Démocratique Gabonais). Malgré une présence accrue sur les réseaux sociaux et un discours critique vis-à-vis de l’exécutif actuel, Bilie-By-Nze se heurte à une fin de recevoir de la part d’une communauté qui attend des visages neufs ou, à tout le moins, une autocritique profonde. À Paris comme en province, les sièges vides lors de ses causeries témoignent d’une rupture de ban qui semble difficile à résorber, transformant ce qui devait être une démonstration de force en un exercice de communication solitaire.
Pourtant, l’ancien « bras droit » d’Ali Bongo en se positionnant comme l’un des rares ténors de l’ancien régime à ne pas avoir rallié les nouvelles autorités, tente de préserver un espace politique pour une opposition inerte. Sans le soutien de la base militante, notamment celle de la diaspora traditionnellement très politisée, sa démarche risque de s’apparenter à une traversée du désert prolongée. L’enjeu pour lui est désormais de transformer ses prises de parole en un véritable projet alternatif, sous peine de rester définitivement confiné aux marges de la nouvelle scène politique gabonaise.


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