Le luxueux cadre de l’ambassade du Gabon en France, rue de la Baume, a servi de théâtre à une rencontre aux enjeux majeurs pour l’avenir économique du pays. Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective, y a présenté les grandes lignes du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD), baptisé « Gabon 2026-2030 ». Devant une assistance nombreuse et attentive, la « planificatrice en chef » du gouvernement de transition est venue délivrer un message clair : la transformation structurelle de l’économie gabonaise ne se fera pas sans l’expertise, les capitaux et l’engagement de sa diaspora.L’exercice, loin d’être une simple présentation descendante, s’est transformé en un véritable forum d’échanges.
La diaspora gabonaise de France, réputée pour sa densité intellectuelle et entrepreneuriale, n’a pas manqué d’apporter sa pierre à l’édifice. Les propositions ont fusé, portant sur des secteurs névralgiques : de la valorisation du patrimoine culturel et touristique à l’optimisation de l’investissement privé, en passant par le renforcement des capacités des PME locales. Pour Louise Pierrette Mvono, ces contributions sont jugées essentielles pour affiner le document final et garantir que le PNCD réponde aux standards d’efficacité internationale.Sous l’œil bienveillant de l’ambassadeur Alfred Nguia Banda, qui a salué une initiative « fédératrice », la rencontre a révélé une diaspora déterminée à sortir de la posture de spectatrice pour devenir actrice du changement. L’ambiance, marquée par un engagement partagé, souligne une rupture dans la méthode : le dialogue direct. En écoutant les visions, parfois critiques mais toujours ambitieuses, des Gabonais de l’extérieur, la ministre a réaffirmé son désir de travailler « main dans la main » avec ceux qui disposent d’une expertise pointue, notamment dans les secteurs de l’innovation et de la bonne gouvernance.
Le PNCD 2026-2030 se veut le socle d’un Gabon nouveau, misant sur une croissance diversifiée et inclusive. Mais pour atteindre les objectifs chiffrés et réduire durablement le chômage, le pays a besoin de rassurer ses « cerveaux » expatriés. Cette opération de séduction à Paris est donc une étape stratégique : il s’agit de transformer l’épargne et les compétences de la diaspora en investissements productifs sur le sol national. C’est le pari d’un patriotisme économique qui dépasse les frontières géographiques pour se concentrer sur l’ambition de développement.Alors que la phase d’élaboration du document final touche à sa fin, le message de Louise Pierrette Mvono résonne comme un appel au ralliement. Si le Gabon veut devenir le hub économique de l’Afrique centrale, il doit pouvoir compter sur toutes ses forces vives. À Paris, les jalons d’un nouveau contrat de confiance ont été posés. Reste maintenant à traduire ces échanges en mécanismes concrets d’accompagnement pour que la diaspora puisse, dès 2026, prendre sa part dans la construction de l’édifice national.
Yolande ABORE


Commentaires