À Libreville, le front de la consommation devient le nouveau terrain d’expérimentation du gouvernement. Gninga Chaning Zenaba, ministre du Commerce, des PME/PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes, multiplie les annonces pour reprendre la main sur un marché intérieur souvent instable. Sa stratégie repose sur un pilier central : la création imminente d’une centrale d’achat nationale. Cet outil stratégique ne vise pas seulement à rationaliser les flux, mais doit permettre à l’État de contrôler rigoureusement la qualité et la traçabilité des produits entrant sur le territoire gabonais, une réponse directe aux inquiétudes sanitaires et logistiques de la population.
Au-delà de la logistique, la ministre s’attaque de front à la spéculation, mal endémique des économies d’importation. En collaboration étroite avec le ministère de l’Économie, elle s’est engagée à garantir des stocks suffisants sur l’ensemble du territoire pour briser mécaniquement toute tentative de manipulation des prix. Cette volonté de régulation se double d’un volet répressif et législatif : Zenaba annonce des réformes structurelles pour renforcer le contrôle et l’analyse du secteur, avec un objectif clair, celui de « lutter contre les commerçants véreux qui augmentent les prix ».
Cette offensive médiatique et politique marque une volonté de restaurer la souveraineté économique du pays dans l’assiette des Gabonais. Pour Gninga Chaning Zenaba, la bataille contre la vie chère ne se gagnera pas uniquement par des décrets, mais par une maîtrise totale de la chaîne de valeur, de la frontière jusqu’à l’étal du commerçant. Reste à savoir si ces réformes, portées par une technocratie volontariste, sauront résister à la réalité des circuits informels et aux pressions des grands importateurs qui dominent encore le marché sous-régional.


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