Le Palais du Bord de Mer s’est saisi du dossier brûlant de la communication nationale. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu en audience Germain Biahodjow, ministre de la Communication et des Médias, pour un tour d’horizon sans concession d’un secteur en pleine zone de turbulences. Au centre de ce tête-à-tête stratégique : la paralysie du Groupe Gabon Télévision, où les écrans noirs et les micros coupés témoignent d’une grogne sociale qui s’enlise depuis plusieurs jours.
Pour le chef de l’État, il ne s’agit plus seulement de gérer un conflit social, mais de préserver l’image et la voix de la puissance publique.Le cahier de revendications déposé par les agents et le Syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM) ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Au cœur du litige se trouve l’arlésienne du secteur : l’adoption du statut particulier du communicateur. À cela s’ajoutent des demandes urgentes de régularisation administrative et une dénonciation virulente de la vétusté des outils de production. Face à ce constat, Brice Clotaire Oligui Nguema a endossé son rôle d’arbitre suprême, instruisant son ministre d’ouvrir sans délai un dialogue « constructif et inclusif ». L’objectif est clair : désamorcer la crise avant qu’elle ne devienne un symbole de blocage institutionnel.Cette intervention présidentielle sonne comme un rappel à l’ordre pour la tutelle, mais aussi comme une promesse de sortie de crise. Le chef de l’exécutif a exigé que les solutions identifiées s’inscrivent dans une temporalité précise, allant de l’urgence immédiate à une vision structurelle sur le long terme. En enjoignant Germain Biahodjow à accélérer le traitement des dossiers prioritaires, le Palais marque sa volonté de transformer cette crise en opportunité de modernisation.
La révision du projet de texte portant statut particulier, attendue sous peu en Conseil des ministres, est désormais le jalon critique pour restaurer la confiance entre le gouvernement et les professionnels de l’information.Au-delà de la paix sociale, c’est la souveraineté informationnelle du Gabon qui se joue derrière les murs du ministère de la Communication. En investissant le champ de la modernisation des médias publics, le président Oligui Nguema cherche à doter le pays d’un appareil médiatique performant, capable de porter le récit national avec dignité et efficacité. Dans un contexte régional où l’influence numérique et médiatique est devenue une arme diplomatique, la résolution du conflit à Gabon Télévision apparaît comme une étape non négociable pour stabiliser l’opinion et garantir le rayonnement de la voix gabonaise.


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