Dans une République Gabonaise en pleine refondation, l’agora numérique est devenue un terrain miné que certains jugent urgent de déminer. C’est le cri de cœur de Nze Souala Hercule, chef d’entreprise et figure engagée de la société civile, qui remet sur la table une proposition radicale : la création d’une « Police Digitale ». Pour ce promoteur du patriotisme économique, le constat est amer. Entre bad buzz, sextapes et lynchages médiatiques — le fameux « pressing » qui broie les destinées — l’espace numérique gabonais serait devenu un poison pour la cohésion nationale et l’éducation de la jeunesse. Son ambition ? Transformer le Web gabonais en un espace de « souveraineté numérique » où la dignité humaine et les mœurs républicaines retrouveraient leurs droits.
Loin d’une simple brigade de répression, cette force spécialisée est pensée comme un outil multidimensionnel au service de la Cinquième République. Sur le plan économique, elle viserait à assainir le marché numérique pour rassurer les investisseurs et muscler la lutte contre l’arnaque en ligne. Sur le plan social, elle agirait comme un régulateur des discours de haine et des fake news. S’inspirant ouvertement du modèle chinois, Nze Souala Hercule suggère même que le Gabon pourrait, à terme, se doter de ses propres plateformes nationales pour garantir son autonomie technologique. Une vision qui lie étroitement sécurité nationale et moralisation de la vie publique.Mais comment réguler sans museler ? Pour éviter le spectre de la censure, l’auteur propose une architecture institutionnelle complexe : une autorité indépendante travaillant de concert avec les ministères de l’Intérieur et de l’Éducation, appuyée par des agents formés aux investigations numériques de pointe.
Point d’orgue de sa proposition : une approche pédagogique plutôt que purement carcérale. Pour les infractions mineures, l’idée de centres de « redressement citoyen » est avancée, afin de rééduquer les internautes égarés plutôt que de saturer la prison de « Sans-Famille ». Un débat qui, à n’en pas douter, fera réagir une blogosphère gabonaise toujours prompte à défendre sa liberté de ton.


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