Dans le paysage technologique d’Afrique centrale, peu d’initiatives parviennent à transformer une vision individuelle en un véritable levier de politique publique. C’est pourtant le pari réussi par Christine Baguela Soro avec les DigieWomen Awards (DIWA). Entrepreneuse et consultante internationale, cette figure de proue de la communication digitale a su transformer une cérémonie de remise de prix en un écosystème robuste dédié à l’inclusion financière et technologique des femmes. Au Gabon, où le secteur numérique est en pleine effervescence, les DIWA ne se contentent plus de célébrer l’excellence ; ils structurent une réponse concrète face à la persistance de la fracture numérique de genre.
Le passage à la 4e édition, prévue pour le 11 décembre 2026, marque une étape décisive dans l’institutionnalisation de l’événement. En s’alliant à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) comme co-organisateur, Christine Soro fait sortir le numérique féminin de la sphère associative pour l’ancrer dans la régulation d’État. Cette alliance stratégique est renforcée par une stature continentale inédite : la désignation de S.E. Mme Francisca Tatchouop, Commissaire de l’Union africaine, comme Présidente d’honneur. Un signal fort envoyé depuis Libreville : le Gabon entend devenir le laboratoire africain de la souveraineté numérique au féminin.Au-delà du prestige des récompenses, le modèle DIWA repose sur une philosophie de l’action. À travers la « DigieWomen School », la fondatrice plaide pour une autonomisation économique réelle, où la maîtrise de l’intelligence artificielle et de l’entrepreneuriat digital devient une arme contre l’exclusion. Le processus de sélection, rigoureusement encadré par un jury d’experts, ne laisse que peu de place au hasard. L’objectif est clair : identifier et propulser celles qui transforment déjà la société par l’innovation ou l’impact social, créant ainsi des rôles-modèles capables de susciter des vocations dans un secteur encore largement dominé par les hommes.
En résumé, les DIWA s’imposent désormais comme un tremplin incontournable pour la diaspora et les talents locaux. En fusionnant intelligence stratégique et engagement communautaire, Christine Soro a réussi à bâtir une plateforme d’opportunités qui dépasse les frontières du pays. Alors que le continent cherche désespérément des solutions pour intégrer ses talents féminins dans la nouvelle économie mondiale, Libreville semble avoir trouvé une partie de la réponse. La soirée de gala de décembre prochain sera, à n’en pas douter, le baromètre de cette ambition retrouvée.


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