Le Centre Universitaire Amissa Bongo traverserait une zone de turbulences qui fragilise l’édifice de la santé publique dans la région. Depuis son passage au statut de Centre Hospitalier Universitaire (CHU), l’établissement semble avoir sacrifié sa mission sociale sur l’autel d’une gestion jugée opaque et inéquitable par les forces vives locales. Les patients, autrefois soutenus par un système de premiers soins accessibles, se retrouveraient désormais contraints d’acheter des kits de médicaments dans une pharmacie privée installée au cœur même de la structure, tandis que les repas journaliers, autrefois garantis, auraient tout simplement disparu.
Au sein du personnel, la grogne monte face à ce que les syndicalistes qualifient de « recul spectaculaire ». Les acquis sociaux, fruits de longues années de lutte, s’évaporent : suppression de la gratuité des soins pour les agents, suspension de l’arbre de Noël et disparition des aides au décès pour les ayants droit. Le contraste est d’autant plus saisissant que les primes de responsabilité de la direction auraient été revues à la hausse, avec la création notable d’une « prime spéciale de cabinet » pour le Directeur Général, brisant ainsi l’équilibre de la redistribution des efforts collectifs.Cette crise de gestion s’accompagnerait d’une paralysie inquiétante de l’action syndicale, minée par des tensions internes et une communication rompue.
Alors que le nouveau bâtiment de traumatologie suscite des interrogations sur sa destination réelle, le bureau syndical peine à faire bloc face à une direction aux décisions jugées arbitraires. Entre climat de suspicion et désinvolture, l’efficacité de la défense des travailleurs est mise à rude épreuve, menaçant de transformer ce fleuron hospitalier en une coquille vide pour les plus démunis.


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