Réunie en conclave ce jeudi dans son fief du nord de Libreville, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), formation politique du président Brice Clotaire Oligui Nguema, a rompu le silence sur le climat social incandescent qui secoue le secteur de l’éducation. Face aux critiques pointant une réaction jugée tardive, le directoire du parti a plaidé pour une « démarche responsable », privilégiant l’analyse de fond au tumulte médiatique. Par la voix de Jean Pierre Oyiba, directeur de cabinet politique du chef de l’État, le parti au pouvoir a tenu à réaffirmer sa proximité avec les réalités du terrain, tout en se posant en garant de la stabilité face aux velléités de contestation.
Sur le fond du dossier, l’UDB a tenu à légitimer les revendications des enseignants, les qualifiant de « sociales et fondées ». Pour le parti présidentiel, le dénouement de la crise ne relève pas du hasard mais d’une implication directe du « Premier des Bâtisseurs ». L’honorable Davin Akure, vice-président de la formation, a rappelé les audiences successives accordées aux syndicats dès la mi-janvier, lesquelles ont abouti à la création d’une commission interministérielle. La signature de deux protocoles d’accord est désormais présentée comme la preuve d’un dialogue social restauré, bien que l’UDB exhorte le gouvernement à respecter scrupuleusement ses engagements pour éviter tout retour de flamme.Cependant, derrière l’apaisement syndical se cache une bataille politique féroce. Le parti présidentiel n’a pas ménagé ses coups contre l’opposition, dénonçant une tentative de « récupération et de manipulation » de la détresse des enseignants. Dans le viseur des cadres de l’UDB : un ancien Premier ministre, candidat malheureux à la dernière présidentielle, dont les récentes sorties sur les médias internationaux ont été vivement fustigées.
Le parti condamne des propos jugés « diffamatoires et calomnieux », accusant les contempteurs du régime de s’enfermer dans un « déni de réalité » face aux réformes engagées depuis août 2023.En verrouillant ainsi le récit de la sortie de crise, l’UDB tente de transformer un conflit social périlleux en une victoire politique. En appelant à sanctuariser l’éducation contre toute « instrumentalisation », le parti d’Oligui Nguema cherche à isoler ses adversaires tout en consolidant sa base électorale auprès d’un corps enseignant stratégique. Pour le pouvoir de Libreville, l’enjeu dépasse les simples salles de classe : il s’agit de prouver que la méthode de la « Ve République » est la seule capable de concilier exigences budgétaires et paix sociale, loin des joutes oratoires de la vieille garde politique.


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