Dans une déclaration d’une violence inouïe qui secoue l’opinion publique, Xavier Ndong Ndong, président du Conseil national des rites et traditions (CNRT), a ouvertement menacé de mort toute voix discordante. Entre mystique et menace de sédition, le pays retient son souffle devant ce qui s’apparente à un arrêt de mort lancé contre la liberté d’expression.Par la rédaction,Le ton est glacial, le regard fixe, et le propos sans ambiguïté. En s’exprimant publiquement au nom des gardiens des rites ancestraux, Xavier Ndong Ndong a franchi une ligne rouge que peu de leaders d’opinion avaient osé approcher jusqu’ici.
Ce n’est plus un débat d’idées qui anime la sphère publique, mais une promesse d’outre-tombe.« Je l’enverrai sous terre »La sentence est tombée comme un couperet. S’adressant à l’ensemble de la société gabonaise — des chefs religieux aux acteurs politiques — le président du CNRT a troqué le bâton de pèlerin de la tradition pour le glaive de l’exécuteur.« Celui qui va encore se lever, prêtre, pasteur, nganga, politicien et tout ce que vous voulez, je prendrai mes responsabilités et je l’enverrai sous terre », a-t-il martelé, faisant fi du cadre légal et de la sacralité de la vie humaine.Pour de nombreux observateurs, ces mots ne sont pas seulement des métaphores spirituelles. Ils résonnent comme une menace directe à la sûreté de l’État et à l’intégrité physique des citoyens.
Dans un pays où le mystique occupe une place prépondérante dans l’imaginaire collectif, de tels propos visent à instaurer un climat de soumission par la peur.La triade de l’effroi : misère, maladie et mortLoin de prôner la sagesse ou la réconciliation, Xavier Ndong Ndong a défini les trois piliers de sa « justice » personnelle : la misère, la maladie et la mort. Ce sombre triptyque est désormais promis à quiconque se dresserait sur sa route.Cette radicalisation du discours traditionnel inquiète au plus haut point. En ciblant explicitement les prêtres et les pasteurs, le chef de file des rites traditionnels ravive les tensions entre les différentes obédiences spirituelles du pays, au risque de fracturer davantage une cohésion sociale déjà fragile.Un silence assourdissant ?
Face à ces déclarations qui bafouent les principes élémentaires de la démocratie et du respect de la vie, la question de la réaction des autorités reste entière. Peut-on laisser un responsable d’institution, fût-elle traditionnelle, promettre le trépas à ses concitoyens en toute impunité ?Le Gabon, qui aspire à la modernité tout en respectant ses racines, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Entre la protection des traditions et la dérive vers un terrorisme mystique, la frontière semble s’être évaporée. L’heure n’est plus à la simple polémique, mais à une profonde réflexion sur la place de la violence verbale dans l’espace public.Le message de Xavier Ndong Ndong est clair : la contestation ne sera plus accueillie par le dialogue, mais par le linceul. Une sombre perspective pour l’avenir du débat républicain au Gabon.


Commentaires