Le ton est celui d’un homme qui entend reprendre la main sur un récit qui s’emballe. Face aux rumeurs de débranchement imminent des unités de production de Karpowership pour défaut de paiement, Steeve Legnongo, le Directeur Général de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), a choisi la voie de la clarté frontale. « Il n’en est pas question », a-t-il tranché, balayant d’un revers de main l’hypothèse d’une rupture de service. Pour le patron de la citadelle énergétique gabonaise, l’heure n’est pas aux spéculations mais au respect des engagements : le contrat liant l’État à l’opérateur turc repose sur des bases solides et, surtout, régulièrement honorées.
Au cÅ“ur de cette mise au point, un argument de poids : la régularité financière. Dans un secteur où les arriérés de paiement sont souvent le talon d’Achille des partenariats public-privé en Afrique, Steeve Legnongo martèle que les obligations contractuelles sont scrupuleusement respectées. En affirmant que les factures sont « régulièrement payées » à Karpowership, le DG de la SEEG ne se contente pas de rassurer les usagers librevillois ; il envoie un signal fort aux partenaires internationaux sur la solvabilité et la fiabilité de la signature du Gabon dans les dossiers stratégiques.Cette sortie médiatique intervient dans un climat où la moindre étincelle informationnelle peut provoquer un incendie social. La centrale flottante de Karpowership, véritable poumon électrique de la capitale, est un actif trop critique pour être laissé au gré des rumeurs de réseaux sociaux. En s’exprimant ainsi, la direction générale de la SEEG cherche à verrouiller la communication institutionnelle et à protéger la sérénité des foyers et des industries. Pour Steeve Legnongo, la stabilité du réseau ne se négocie pas dans l’émotion, mais se gère par la rigueur des comptes.Cependant, au-delà du démenti, cette affaire révèle la sensibilité extrême de la dépendance énergétique du pays. Si le contrat est « blindé » et les traites à jour, le simple fait qu’une menace de débranchement puisse trouver un écho dans l’opinion souligne la précarité perçue de l’offre actuelle.
La SEEG, sous l’impulsion de sa nouvelle direction, semble vouloir faire de la transparence son nouveau bouclier, consciente que la confiance des abonnés est aussi volatile que la tension sur une ligne haute tension en période de pic de consommation.En définitive, le message de Steeve Legnongo se veut être celui d’une normalisation retrouvée. En réaffirmant le caractère contractuel et fluide de la relation avec le géant turc, il clôt, du moins pour l’heure, un chapitre de turbulences médiatiques qui polluait le climat des affaires. Pour les observateurs, cette fermeté dans le verbe devra maintenant se traduire par une continuité irréprochable du service, car à Libreville comme ailleurs, seule la lumière au bout de l’interrupteur servira de preuve ultime de la bonne santé des finances de la SEEG.


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